Lutte contre la corruption: Le Bianco poursuit son effort
Le Bureau Indépendant Anti-Corruption (Bianco) a été saisi de doléance dénonçant des actes de malversations perpétrés par l’ancien premier responsable du projet AEPA-FAD ou Alimentation en Eau Potable et Assainissement, projet financé par la Banque Africaine de Développement (BAD) via le Fonds Africain de Développement (FAD). Il serait question de détournement d’une somme de plus de 300 000 000 Ariary. Après plusieurs années d’investigations, le Bianco a déféré la personne suspecte auprès de la justice le 22 mai 2017. Par la suite, celle-ci a été placée sous mandat de dépôt.
A l’heure actuelle, la lutte contre la corruption avance d’un pas modeste dans notre pays. Ceci est démontré par les efforts fournis par le Bianco malgré les divergences d’opinions qui se nourrissent encore ici et là. La lutte contre la corruption nécessite l’engagement et la participation de tous pour ne pas rester un vain mot vide de contenu. Par ailleurs, il est évident que pour prétendre atteindre un développement dans la pérennité, cette lutte est irréversible et indispensable dans la situation économique et sociale actuelle du pays. Ces derniers temps, il semble que le Bianco commence à regagner quelque peu la confiance du public surtout avec les investigations qu’ils ont mené à propos des dossiers importants comme le dossier d’exploitation illicite de ressources naturelles d’Antsohim-
bondrona-Ambilobe et l’affaire d’exploitation d’or dans la commune de Betsiaka ayant fait perdre 2 165 067 887 Ariary à l’Etat Malagasy, le dossier de démantèlement de réseaux de corruption dans le cadre d’attribution de permis et de carte grise biométrique impliquant les responsables au sein du Centre d’Immatriculation d’Ambohidahy, les dossiers sur l’utilisation abusive des subventions illicites affectées auprès des communes impliquant aussi bien des hauts responsables étatiques que des opérateurs économiques dont certains sont encore en cours d’investigations.
Il est à noter que depuis son opérationnalisation, le Bianco a traité plus de 10 000 dossiers d’investigations et procédé à plus de 3 000 arrestations. Certes, la lutte contre la corruption a pris un petit élan de la part du Bianco mais si elle ne va pas de concert avec le pouvoir gouvernemental, ce qui fait que la lutte est loin d’être gagné. Il n’y a qu’à voir l’affaire Claudine Razaimamonjy qui fait l’objet d’un cas d’impunité fortement palpable vu que depuis qu’elle a été placée sous mandat de dépôt, elle n’a jamais mis les pieds sous les barreaux. Cela veut ainsi dire que la lutte contre la corruption ne sera effective que si elle va de pair avec la volonté politique du pouvoir en place étant donné que les actions de l’Etat et celles de l’ensemble du système répressif manque cruellement de cohérence.
Jean Riana
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