Education: Pour qui sont les réformes ?

On en parlera encore longtemps de ce nouveau plan sectoriel de l’éducation et des changements qui vont s’ensuivre. Toute réforme a son lot de détracteurs et de défenseurs. Il est un fait sur lequel on ne peut guère fermer les yeux et que l’on continuera de dénoncer, ces réformes du ministre de l’éducation et de son staff, leurs enfants ne les vivront pas et ne serait-ce que pour ça on est en droit de se demander si ces réformes visent réellement à améliorer le système éducatif malgache. Il reste néanmoins étrange que toutes ces personnes intelligentes qui avaient été payées pour réfléchir sur ces réformes et leur bien fondé n’aient pas pensé ou ont préféré minimiser des aspects importants. On parle par exemple de l’allongement du cycle primaire mais lorsque tout le monde sait le niveau plus que déplorable des enseignants FRAM recrutés dans tous les coins de l’île, lorsqu’on constate que ces personnes deviennent enseignants par accident, lorsqu’on constate le niveau actuel des bacheliers on imagine aisément le niveau de ces enseignants FRAM à Beroroha ou à Antsakabary.

On se demande dans ce cas si les responsables ne cherchent pas au final à rendre incultes la génération future, si les responsables ne cherchent pas à former des futurs exécutants qui ne pourront jamais être à la tête de quelque chose du fait de leur niveau. Lorsqu’on sait cela et les responsables du ministère de l’éducation nationale le savent ne serait-ce qu’à travers le rapport de la Banque mondiale, on se demande si la priorité est d’allonger le cycle primaire ou d’abord de former les formateurs et ne pas recruter toutes ces personnes devenues enseignants par accident sans aucune formation avec un niveau déplorable? Autre idée de la réforme prévue : le changement de calendrier! L’année scolaire commencera en mars et les grandes vacances auront lieu en fin d’année. Plusieurs explications ont été avancées allant du travail dans les champs -mais ne dit on pas que les lois malgaches interdisent le travail des enfants en fonction de leur âge et si on s’en tient aux textes, les élèves de l’école primaire en tout cas ne doivent pas travailler dans les champs – à la rentrée universitaire – mais la rentrée des universités ne devrait-elle pas revenir à la normale c’est-à-dire en septembre? Peu importe les explications mais en tout cas il est des faits que ces responsables du ministère de l’éducation feignent d’ignorer. Savent-ils que bon nombre de ces enfants vont faire plusieurs kilomètres à pied pour aller à l’école sans chaussures et peu habillés -du fait de l’indigence des parents- sous le froid? Savent-ils que l’hiver il fait nuit tôt et il fait jour tard et que ces enfants vont clairement au devant des risques liés à l’insécurité à Madagascar à moins que le plan sectoriel ait imaginé que en 2020 il n’y aura plus insécurité.

L’idée n’est pas de ne trouver aucune grâce au programme de réforme loin de la mai d’être convaincu que cette réforme vise en réalité l’amélioration du niveau d’éducation des enfants malgaches. Or, à défaut de voir les enfants de ces hauts responsables faire partie des cobbayes de ces réformes ce qui permettra à tous les parents de croire en cette réforme, qu’au moins les choses soient faites de manière intelligente et que les priorités soient bien définies. La principale priorité est de doter chaque école d’enseignant qui a les compétences requises et qui soit motivé et cela peu importe où se trouvent ces écoles…car tous ces enfants qui vont dans ces écoles éloignées des grandes villes espèrent également pouvoir se projeter dans le futur en rêvant d’un avenir lumineux et cela ne peut devenir réalité que si leurs enseignants sont à la hauteur et non des enseignants FRAM qui ne savent pas faire les soustractions à deux chiffres! C’est là la véritable priorité : la formation et le niveau des formateurs!

Claude Rakelé

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