Diplomatie: Principe d’égalité inappliqué
Lorsqu’un ressortissant malgache souhaite se rendre en France ou aux Etats-Unis, l’obtention préalable d’un visa relève du parcours tortueux du combattant en raison des conditions drastiques. On lui réclame mille documents et on lui pourrit la vie. Quand le même citoyen malgache est autorisé à prendre un visa sur place, comme c’est le cas pour rentrer à l’Ile Maurice, le visa peut lui être refusé s’il est incapable de répondre à certaines questions concernant l’adresse où il séjourne et ses ressources. En revanche, lorsqu’un ressortissant européen désire entrer sur le territoire malgache, il l’obtient automatiquement à l’aéroport international d’Ivato. On lui déroule presque le tapis rouge. Sous prétexte que le tourisme est un outil de développement, notre pays se prostitue. On accueille à bras ouverts tous les retraités pédophiles et tous les pseudos investisseurs escrocs de la terre. Ce déséquilibre, qui met le malgache dans une position humiliante, est une violation flagrante du « principe d’égalité des droits des peuples » prévu dans la Charte des Nations-Unies. Sur la base de ce principe d’égalité, les droits et les obligations sont réciproques. Or, comme nous l’avons vu ci-dessus, cette réciprocité n’est que théorique. Cette dissymétrie, profondément injuste, s’exerce toujours au détriment des pays pauvres. Les nations riches ont l’art et la manière de rappeler aux individus originaires des pays du Quart Monde qu’ils sont des pestiférés, voire des parias, qui n’ont pas le droit de circuler librement en dehors de leurs propres frontières. Cette inégalité flagrante au niveau de l’octroi des visas prouve que notre diplomatie est incapable de s’imposer et que nous ne sommes pas prêts d’obtenir la restitution des Iles Eparses. Offensé par les étrangers et opprimé par ses propres dirigeants, le malgache finira bien par lever la voix et le poing.
PN et Folojaona