Corruption des policiers de la route: Le budget de pause-café des gendarmes est effacé
« C’est une situation honteuse », ainsi était l’aveu du commandant de brigade d’Analamanga, le Gal Andrianjanaka Njatoarisoa. « Il est inutile de nier la corruption à laquelle les gendarmes qui exercent en tant que police de la route sont accoutumés », continue-t-il. Et le corps de la gendarmerie nationale n’est pas le seul à être touché par cette culture que ce soit au niveau des routes nationales ou dans la capitale même. Il y a aussi les usagers de la route, notamment les conducteurs qui sont contraints à payer une somme onéreuse pour éviter les problèmes. Les grandes victimes de cette manigance restent les transporteurs qui paient, pour une distance de 100km, au moins 500 ariary tous les 5 à 10km.
Le service anti-corruption de la gendarmerie et la direction territoriale du Bianco, dirigée par le Gal Benjamin Arthur Ratovoson ont déjà sensibilisé les citoyens à se manifester face à cette réalité, mais apparemment cela n’a pas suffi. Ainsi, il a été décidé de conscientiser ces agents de formation sur leur travail. « Ils sont formés sur comment exercer et que dicte la loi sur leur mission entre autres, et sont donc suspendus pour le moment. Et ils ne vont reprendre leur fonction qu’après ladite formation et des contrôles stricts seront mis à l’œuvre », selon encore le commandant de brigade.
Des modifications seront aussi apportées à la méthodologie de travail des policiers de la route après la reprise de leur fonction. « Ils ne travailleront plus des heures d’affilée comme avant, de 8h à 18h. Dorénavant, un nouveau plan sera adopté et ils ne travailleront que deux heures par jour au maximum. L’effectif sera aussi réduit et il n’y aura que, peut-être, un agent par préfecture. Et enfin, comme l’a dit le nouveau Secrétaire d’Etat auprès de la gendarmerie, les brebis galeuses seront mis dehors ». Des non-respects de la loi ne seront donc plus tolérés auprès de la gendarmerie et les supérieurs n’hésiteront pas à congédier les agents qui salissent l’image du corps. Mais qu’en est-il alors des mesures de la part de la police nationale ?
Annie N.