Contre le phénomène d’insécurité: Les pouvoirs publics incapables
Délinquance, insécurité et parfois violence menacent la qualité de la vie à Antananarivo et dans les autres villes malgaches, détournent du développement social des ressources rares, découragent les investissements et stigmatisent certains quartiers.
Dans ce sens, les informations diffusées par Centre des Nations Unies pour les Etablissements Humains (CNUEH) mentionnent, entre autres, que la délinquance, orientée principalement contre les biens, est un phénomène en pleine croissance depuis la dernière décennie. A cela s’ajoute une diffusion rapide de la consommation de drogues, les phénomènes moins visibles de violence familiale et domestique et le développement important de groupes à risques, comme les familles sans-abri, les enfants de la rue et les prostituées.
C’est dans ce contexte et afin de remédier à la croissance du phénomène de délinquance dans la capitale malgache que le CNUEH, avec le concours financier du PNUD a conduit , à l’époque, un diagnostic de l’insécurité à Antananarivo. Ceci afin de mieux cerner les racines locales du problème et d’aider la ville à développer une politique de prévention de la criminalité basée sur une coalition municipale des principaux acteurs sociaux et institutionnels.
Mais le hic est qu’en l’état actuel de la situation le Fokontany serait devenu un instrument d’exécution sans pouvoir réel, en particulier sans pouvoir de conception. Si le Comité local de sécurité a en effet une existence juridique, le Fokontany n’en a aucune. Ce qui explique le scepticisme de ses membres à développer des actions préventives ou des actions permettant d’enrayer les infractions. Cette inertie semble dès lors amener la population à se montrer indifférente vis à vis des autorités locales et à se contenter d’assurer sa « propre sécurité ».
Alors, l’ensemble des enquêtes et études les plus récentes menées auprès des différents responsables de la sécurité urbaine ont mis en lumière l’ampleur de la violence et l’aggravation rapide du phénomène de la violence, particulièrement à Antananarivo. Cette montée se manifeste sous des formes diverses dont les plus caractéristiques sont : l’attaque à main armée, les atteintes aux biens, le trafic de drogues, le viol sur des mineurs (des deux sexes), la violence domestique.
Dans cet environnement, d’aucuns n’objectent qu’en 2016, les principales institutions étaient légitimées par les urnes. Néanmoins, les tensions entre les acteurs de la classe politique sont restées vives en 2016, en raison des divergences concernant les pratiques de gouvernance politique, économique et sociale.
Malgré le retour à l’ordre constitutionnel, lit-on, par ailleurs, dans Perspectives économiques en Afrique © BAfD, OCDE, PNUD 2017, le phénomène d’insécurité continue d’entraver l’activité économique. La criminalité est marquée notamment dans le sud par le phénomène des dahalo (voleurs de zébus) et par le pillage des ressources naturelles (bois de rose entre autres). En
2016, le climat sécuritaire s’est encore détérioré, avec notamment des attaques à l’explosif visant des symboles de l’État et faisant plusieurs victimes. L’approche des échéances électorales présidentielles de 2018 risque d’attiser les clivages politiques. Les perspectives économiques à court terme restent subordonnées à la capacité des pouvoirs publics de maintenir un environnement politique et sécuritaire apaisé. Le tout sans oublier d’autres contraintes entravant le développement du secteur privé, notamment l’instabilité politique, la corruption endémique, le manque d’infrastructures et l’insécurité.
C.A