Conjoncture: Premiers ultimatums

L’heure des ultimatums a sonné avec les grèves et préavis de grèves des étudiants, douaniers, enseignants-chercheurs et greffiers. Fuyant ses responsabilités comme à l’accoutumée, le régime veut noyer le poisson en prétendant que les demandes des grévistes sont nouvelles ou excessives et qu’elles seront examinées lors de l’élaboration de la prochaine Loi de Finances. Il n’y a rien de plus faux et dilatoire. Ce sont d’anciennes revendications non satisfaites. Il est utile de marteler que ces revendications sont légitimes et à caractère exclusivement économique. Cette précision est nécessaire car certains politiciens, proches du régime, veulent dénigrer les manifestants en déclarant que leur action résulte de motivations politiques. Les grévistes sont fatigués des promesses non tenues et sans cesse reportées aux calendes grecques. Quelle est la goutte qui a fait déborder le vase ? Les micmacs du régime autour de l’affaire Claudine Razaimamonjy? Les abus de pouvoir des uns et les conflits d’intérêts des autres ? La mauvaise gouvernance institutionnalisée ? Les menaces à l’encontre du Bianco, des journalistes et des magistrats du SMM ? Les scandales qui n’en finissent pas ? La hausse du prix du riz ? Les vindictes populaires ? On ne sait pas. On ne sait plus. C’est tout cela et bien plus. La coupe est pleine et le vin de la colère s’est répandu sur la nappe jusque sur le sol. La rupture entre les gouvernants et les gouvernés est consommée depuis longtemps. Elle n’attend plus qu’une confirmation officielle. C’est chose faite avec les premiers ultimatums qui vont déclencher des grèves de longue durée impossibles à contenir.

L’avantage des ultimatums, c’est que l’on sait comment cela débute et comment cela se termine. Malheureusement, les Malgaches connaissent la musique et le refrain. La grève sauvage n’est pas une solution en soi mais c’est parfois l’ultime moyen pour se faire entendre de la part d’un régime sourd et aveugle. Certes, des puissances étrangères encouragent certains mouvements subversifs et c’est dommage. Cependant, on ne peut pas mettre tous nos maux sur les dos des Français ou des Américains. Le peuple malgache est las de ce régime qui a tort d’ignorer cette évidence. Aujourd’hui, la question est de savoir si le régime va entamer le dialogue ou s’il va commettre l’erreur de jouer la carte de la répression. Il est erroné de croire que Hery Rajaonarimampianina est entouré uniquement de bras cassés et de maîtres de l’imposture. Il a encore quelques conseillers brillants qui, dans de rares moments de lucidité, devraient faire comprendre au Chef de l’Etat que la partie est finie et que le rêve de sa vie s’est terminé en un beau gâchis. Il fallait bien que cesse cette comédie inhumaine !

Folojaona

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