CHRONIQUE N. RAZAFILAHY: Corruption : un grain de sable dans l’engrenage du régime

Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil et tout marche très bien dans le meilleur des mondes. S’il y a des problèmes dans l’exercice du pouvoir, c’est la faute aux cyclones à cause des impacts. Et l’économie stagne c’est à cause de la dépréciation de l’ariary. C’est tout juste si le Premier ministre n’a pas dit que tous les maux qui sévissent à Madagascar n’ont pour origine le « faible décaissement des financements extérieurs. » Oubli tactique ou intention délibérée d’un responsable étatique qui n’a pas envie d’étaler les linges sales du gouvernement devant l’Assemblée Nationale, mais le discours d’hier représente un chef d’œuvre dans l’art de prendre son auditoire et tout le peuple malgache pour idiots.

Dans le contexte actuelle de la situation générale de la conduite des affaires de l’Etat et de la gouvernance telle qu’elle est vécue par tout un peuple, l’aplomb avec lequel Olivier Mahafaly s’était acquitté de son obligation devant les députés relève de la mauvaise foi pure et simple. Quand on présente un paysage très positif du monde politique de cette île en s’efforçant d’édulcorer son rapport destiné aux élus qui représentent les habitants d’un pays en butte à toutes les conséquences néfastes des activités pas très louables d’une équipe hautement handicapée par les retombées négatives des dysfonctionnements des institutions et des carences manifestes de toutes les administrations depuis les autorités centrales jusqu’aux Fokontany à la base. L’acte relève du mensonge d’Etat… Comment le Chef de gouvernement peut-il se permettre de faire croire à la face du monde et devant les médias que la conjoncture n’est pas aussi sombre que ses détracteurs l’affirment ? Comment ose-t-il travestir les vérités sur compromissions des hauts responsables incapables de faire face à leurs attributions ou même éclaboussés par des scandales financiers, parce qu’ils sont obnubilés par l’obsession de vouloir pérenniser leur présence nuisible aux commandes de la République ? Selon les observateurs « même si quelques timides efforts ont été faits, le bilan du régime est loin d’être probant, malgré les promesses et les gesticulations. Le pouvoir d’achat de la majorité se dégrade continuellement et les inégalités se creusent encore. Les puissants et les riches se font soigner à l’extérieur, alors que les fameux hôpitaux manara-penitra sont en train de se dégrader et qu’une politique réaliste d’approvisionnement en médicaments fait cruellement défaut. » Les laïcs ne sont pas les seuls à voir d’un mauvais œil les pratiques politiciennes et la gestion des finances publiques. Prenons ces messages successifs des évêques de Madagascar répercutés par les médias internationaux. Pour ces hommes d’Eglise que personne ne peut accuser de persécution gratuite et partisane, à l’unisson avec la société civile « la généralisation de la corruption dans tous les secteurs de la vie nationale. Les remèdes y afférant relèvent toujours de l’ordre de l’incantation. » Et que par ailleurs, selon Radio Vatican « Les évêques de Madagascar s’élèvent contre la corruption… » Ce n’est pas parce l’adoption de la loi n°20166-021 a eu effectivement lieu que les mesures appropriées furent pour autant concrétisées. Il suffit de relire les publications des médias locaux pour comprendre que la corruption n’a jamais été aussi désastreuse que depuis l’instauration de cette 4ème République. Heureusement pour grands responsables suspectés et impliqués, la Haute Cour de Justice reste et demeure encore inopérante pour les besoins de la cause de cette mafia qui manipule le système. C’est là le grain de sable qui bloque le bon fonctionnement de l’Etat de Droit et de la bonne administration de la Justice. Tout le reste n’est que verbiage et dialectique démagogie destinés à berner le peuple, mais pas les élus parce qu’ils sont consentants sinon complices. Autrement comment expliquer ces chiffres ronflants de « 365 opérations mixtes effectuées sur la répression des trafics des bois de rose durant lesquelles 15 445 rondins de bois de rose ont été recensés et 4439 saisis » publiés hier quand on ne met en prison que les dockers, les manutentionnaires et les sous-fifres ? Pendant que les grosses têtes comme certains sénateurs enrichis par les trafics prohibés et autres membres de la nomenklatura se pavanent librement avec leurs carrosses luxueuses et coûteuses. Qu’on arrête de prendre les enfants du Bon Dieu pour des simples d’esprit !

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