Nouvelles coupures: 708 millions de billets à changer !

               C’est dans un mois donc que de nouveaux billets de banques vont être mis en circulation. Cette fois-ci, l’émission de nouveaux billets verra l’apparition d’une nouvelle coupure de 20 000 Ar (100 000 Fmg), soit le double de la plus importance valeur faciale qui a cours à Madagascar.

               Les commentaires de la population sont unanimes à parler de dépréciation monétaire. Ce dont ils n’ont pas tort dans la mesure où depuis l’émission de la nouvelle coupure de 10 000 Ar en 2003, le taux d’inflation était d’année en année de 7 % en moyenne. De 2003 à nos jours, l’inflation aurait donc grimpé d’environ 100 %. Ce qui expliquerait cette nouvelle coupure de 20 000 Ar dont l’émission serait un ajustement technique. Quand bien même, l’histoire nous rappelle que chez nous, il est de tradition que chaque régime imprime son passage par l’émission de nouveaux billets ;

             En 2003, Marc Ravalomanana n’a pas hésité à émettre un nouveau billet de 10 000 ar aux couleurs de sa société Tiko avec de surcroît dans le coin supérieur droit de la coupure la copie du bulletin de vote de l’alliance Firaisankinampirenena qu’il a créé pour faire face à l(Arema de son prédesseur et rival pour les législatives d’après crise post-électorale. A l’approche de l’élection présidentielle, M. Ravalomanana qui se réclame être un candidat, se verra donc être amputé d’un outil efficace avec le changement de « son billet ». Il serait doublement handicapé si le nouveau billet 20 000 Ar serait à dominance bleu, la couleur du HVM.

             En attendant de voir la couleur de l’argent, les statistiques publiés dans le supplément annuel 2016 du bulletin de la Banque centrale permettent de comprendre ce changement de billets de banque. D’après ces statistiques, 206 413 705 billets de 10 000 Ar étaient en circulation dans le pays à fin 2016. En valeur, cela représente plus de 2 060 milliards Ar soit 10 300 milliards Fmg. Ce billet est de loin le plus utilisé à Madagascar aussi bien en nombre qu’en valeur. Les billets de 10 000 ar représentent 30 % de tous les billets en circulation qu’elle que soit leur valeur faciale, soit 708 millions de billets au total, et plus de 2,5 fois la valeur de tous les autres billets.

             Techniquement, le nombre élevé de billets de 10 000 ar par rapport aux autres billets est un facteur d’inflation. La théorie est d’autan plus difficilement compréhensible pour la population qu’en le remplaçant, on ajoute également un autre type de billet de deux fois la valeur faciale. On ne sait pas ce que fera réellement la Banque centrale mais normalement l’émission de nouveaux billets sera faite de façon telle qu’il n’y aura pas trop de billets de 20 000 ar ni de 10 000 ar. Bref, les techniciens appellent cela démonétisation car dans cette opération, il ne s’agit pas seulement d’avoir de nouveaux documents plus sécurisés et difficiles à falsifier, mais aussi et surtout pomper toute cette masse d’argent qui représente un puissant potentiel de demande alors que l’offre se raréfie à cause de la sécheresse puis du cyclone qui a gravement affecté la production rizicole et les autres productions vivrières mais aussi la production d’énergie hydroélectrique, entre autres.

             Aussi inacceptable que cela puisse paraître, l’émission de nouveaux billets et de la nouvelle coupure de 20 000 ar serait le principal moyen trouvé par la Banque centrale pour essayer d’enrayer l’inflation que la population vit douloureusement au quotidien. L’inflation contre laquelle son comité monétaire a décidé de relever le taux directeur de la Banque centrale de 8,3 à 9 %.

             Quand on connaît le gouverneur de la Banque centrale, Alain Rasolofondraibe, on peut affirmer que ces mesures ont des bases théoriques et décidées sur des expériences avérées de par le monde. En dépit de cela, le marché réagit pourtant par un simple coup d’humeur. La simple émission du billet de 20 000 ar fera-t-il grimper les prix tel que le craignent les Malgaches ?

              Toujours est-il que cette perspective pourrait être évitée si les décideurs politiques décident de suivre les techniciens. On parle notamment de la régulation des marchés. On ne parle pas de contrôle car on est en économie libérale depuis la fin de année 90 où les prix et les marges sont totalement libres. Cela ne veut pourtant pas dire que chacun peut faire à ,sa guise. Sans procéder à un quelconque contrôle des prix ni des stocks, les fonctionnaires des Finances et du Commerce peuvent normalement établir les prix moyens des produits et évaluer les profits réalisés par les commerçant afin de les taxer sur les impôts sur les revenus. Des épiciers sur la route d’Ilafy à Manjaka, ou encore les boutiques des stations d’essence qui toutes marques confondues vendent à des prix scandaleux, méritent ce genre d’évaluation. De même et surtout les compagnies pétrolières d’électricité et les sociétés de distribution pétrolière, l’énergie étant la principale source d’inflation à Madagascar. Mais que peut faire le nouveau billet de 20 000 ar devant les ristournes politiques ?

Salomon Ravelontsalama

Un investissement de 500 milliards

           Le changement de monnaie coûte énormément à un paus. La littérature consultée sur internet parle d’un cou^t de moins de 5 centimes d’euros l’impression d’un billet de 5 euros qui est la plus petite coupure existante dans la zone euro. En supposant que nos futurs billets soient imprimés au même coût, les frais d’impression seraient de 175 ar par billet.

           Dans cette configuration, le changement des 708 millions de billets 5 centimes d’euro ‘d’après la littérature sur internet) représentant rien que pour l’impression 124 milliards, soit près de 500 milliards Fmg. Le jeu en vaut-il la chandelle ?

           Pour le HVM, rien que l’effacement des couleurs de Tiko est un bénéfice. Il sera double si malgré le contrôle du FMI dans les cas pareils, les autorités HVM arrivent à subtiliser d’énormes paquets pour l’échéance 2018. Sans procès d’intention aucune, l’hypothèse est parfaitement possible sur le plan comptable en jouant sur les pièces de monnaie dont les nombres paraissent particulièrement importants sans qu’on ne les trouvent pls physiquement au quotidien.

           Plus de dix ans après l’institution de l’ariary, pourquoi continue-t-on donc à faire de la comptabilité tenant compte du franc et garder les pièces que peu que peu ou prou de citoyens utilisent ?

Sa

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