Madagascar: Etat en déliquescence*

Le régime présente toutes les caractéristiques d’un Etat en déliquescence. Les preuves de la faillite de l’Etat sont flagrantes au niveau politique, économique et social.

Sur le plan politique, la situation est un désastre. Le pouvoir exécutif est bicéphale d’après la Constitution. Cependant, dans les faits, il est concentré entre les mains du Chef de l’Etat. Le Premier Ministre, qui n’a aucune marge de manœuvre, obéit à la voix de son maître. Le pouvoir législatif est amorphe. De peur de perdre leurs privilèges, députés et sénateurs obéissent les yeux fermés au pouvoir exécutif. La fonction juridictionnelle a montré ses limites.

Sur le plan économique, la croissance n’a pas accompagné le retour à l’ordre constitutionnel. Le bilan de l’expert-comptable présente un résultat négatif. Les investissements annoncés avec tambours et trompettes, après le Sommet de la Francophonie et la Conférence des Bailleurs de Paris, ne décollent pas car les entreprises connaissent de graves difficultés ignorées par le régime. L’inflation est galopante et la consommation des ménages est au point mort.

Sur le plan social, tout n’est que ruines et désolation. Vivant sur une autre planète, le Chef de l’Etat est bien le seul à douter de l’existence d’une pauvreté crasse. Les ménages, dans leur très large majorité, ont de grandes difficultés pour se loger, pour se nourrir, pour se soigner et pour éduquer leurs enfants. Aujourd’hui plus qu’hier, la violence, la mendicité, la prostitution, les stupéfiants et le manque de civisme gagnent du terrain dans toutes les villes.

Ranary

(*) : dégradation

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