Edito: Manque de sécurité sur tous les plans
Les crises politiques successives qu’a connues Madagascar ont eu un impact sur l’environnement des affaires et sur la confiance des investisseurs.
Le pays , d’après les données publiées par la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED), a un potentiel important, mais le manque de sécurité juridique, judiciaire et physique qui résulte notamment des fréquents changements législatifs, réglementaires et institutionnels est un obstacle pour attirer des investissements étrangers direct (IED) et pérenniser leur impact sur le développement.
Par ailleurs, les faiblesses dans la gouvernance économique sont nombreuses. En effet, la corruption, qui se manifeste notamment sous forme de harcèlement, particulièrement dans le domaine fiscal, est endémique et affecte les activités des entreprises. En parallèle, le niveau de confiance dans le système judiciaire est faible, les entreprises rapportant des procédures devant les juridictions commerciales et du travail à la durée excessivement longue et aux résultats incertains.
Le manque de précision des dispositions juridiques et les faiblesses institutionnelles entraînent une distorsion dans la mise en œuvre. En effet, bien que les lois correspondent de façon générale aux bonnes pratiques, elles sont souvent imprécises et leur exécution demeure tributaire de décrets d’application qui ne sont pas systématiquement adoptés. Par ailleurs, les institutions en charge de leur exécution manquent de ressources humaines et financières. En conséquence, l’application des dispositions juridiques est en pratique aléatoire et/ ou subjective dans de nombreux domaines, notamment l’accès au foncier, la fiscalité, le recrutement des étrangers, la concurrence et l’environnement. Ceci se reflète dans la qualité du climat des affaires et les indicateurs internationaux qui s’y réfèrent.
Dans cet environnement mitigé, il est vrai que de nouvelles structures pour mettre en place un environnement des affaires transparent et prévisible qui permette de restaurer la confiance des investisseurs ont été créées récemment. Elles comprennent le Comité de coordination des réformes du climat des affaires (CRCA), placé sous l’égide du Président de la République, et la plateforme de dialogue public-privé, présidée par le Ministère de l’industrie et du développement du secteur privé. Dans ce contexte, la CNUCED a émis, des recommandations concrètes pour permettre de renforcer la sécurité juridique, améliorer le cadre légal, institutionnel et règlementaire des investissements et atteindre des objectifs de développement durable .
Mais en attendant, les faits sont têtus. Le pays se trouve aujourd’hui à un tournant critique de son histoire. La communauté internationale et le secteur privé, y compris les investisseurs étrangers, sont en attente de signaux forts de la part du Gouvernement. Ce dernier a pour défi de restaurer la confiance des acteurs économiques en sa capacité à assurer la stabilité et la sécurité du cadre juridique. Il doit aussi affirmer sa capacité à lancer et mener à leur terme des programmes de développement socioéconomique indispensables à l’amélioration des conditions de vie de la population.
En d’autres termes, dans un contexte caractérisé par des crises politiques à répétition, ce manque de clarté a des conséquences sur la confiance des investisseurs. Renforcer la transparence et la prévisibilité des conditions d’entrée, d’établissement, de traitement et de protection des IED est essentiel pour les attirer et les retenir à Madagascar. En conséquence, le Gouvernement devrait considérer plusieurs mesures adéquates.
Recueillis par C.A