CHRONIQUE: Ces faux-vrais problèmes qu’on dissimule
Dans la foulée d’une opération de communication présidentielle médiatisée intentionnellement pour rassurer l‘opinion déjà ulcérée par les successions de déceptions existentielles d’une situation socioéconomique catastrophique sur l’étendue de tout le territoire nationale, le discours au nom du gouvernement d’un Premier ministre aux abois (à cause du zèle des fonctionnaires de l’Inspection Générale de l’Etat) nous donne dans toute sa splendeur l’image en grandeur nature d’un régime en voie d’implosion. Tous les ingrédients pour faciliter les actions destructives d’une explosion interne sont là.
Pendant que le président de la République s’efforce de tout dédramatisé jusqu’aux faux-vrais problèmes de Jirama et ce système sous le joug du pouvoir de l’Argent, un Chef d’un gouvernement au bout du rouleau s’évertue à travestir les réalités devant une majorité de députés serviles. Alors le peuple premier concerné n’est pas dupe et grince des dents. Il est même suffisamment conscientisé la vie de misère qu’il endure jour après jour, alors que pour se faire élire tout ce beau monde de trompeurs et de fieffés menteurs avait promis monts et merveilles. En jurant de respecter la Constitution et de ne chercher que le bien-être des Malgaches, un pays sécurisé et enfin débarrassé de « la culture de l’impunité de tous les détournements de biens et de deniers publics, de tout enrichissement illicite, de tout racket ou encore toute utilisation abusive des biens publics». En toute naïveté, on avait tous cru bêtement que l’hirondelle fait le printemps et que «Le rétablissement de l’autorité de l’Etat conduira au retour de l’Etat de droit et mettra un terme définitif au cycle de crises et favorisera notre croissance économique.» Inutile de se lamenter sur les malheurs de ces premières années de règne des princes du parti présidentiel HVM, il faut plutôt regarder vers l’avenir. On peut pardonner tous les péchés mortels commis par ces dignitaires qui n’ont que des comptes bancaires à la place du cœur. Sans toutefois être obligé d’oublier les prix qu’ils devront payer au peuple, surtout pour s’être acharné à s’enrichir de manière arrogante au mépris de leurs compatriotes. Comment voulez-vous qu’on passe l’éponge, qu’on efface tout et qu’ils recommencent leurs vilaines habitudes de se servir dans les caisses du Trésor Public ?
Ce n’est pas parce qu’on ne met pas le grand public au courant des tractations obscures sur les fournitures des carburants de Jirama et les basses combines concernant les livraisons fictives et les liquidations des paiements des factures faramineuses aux copains-coquins, qu’il faut n’y voir que des sornettes tout juste bon pour exciter les râleurs d’une force de changement touche-à-tout. Les vrais problèmes de Jirama ne datent pas seulement d’aujourd’hui. Ils sont légion. Mais les plus lourds dossiers pourris de cette entreprise d’Etat avaient atteint son point culminant du temps où Marc Ravomanana s’est mis en tête de considérer les fonctionnements administratifs et financiers de Jirama comme ses biens propres. Durant la Transition aussi, Haja Resampa y faisait la pluie et le beau temps, les achats fictifs onéreux qui seraient payés(d’avance) sans oublier les « affaires de l’argent sale » derrière le dos d’Andry Rajoelina à qui le ministre des Finances et du Budget de l’époque obéissait au doigt et à l’œil…Suivez mon regard ! Bien avant la Transition, on magouillait déjà ferme dans les hautes sphères d’une entreprise qui avait pour vocation de fournir l’eau et la lumière pour tout le pays, mais du tout pour qu’on serve comme d’une vache laitière afin de booster les profits et les performances des surfaces financières de quelques sociétés privées favorisées. Exemple typique de cette cannibalisation de cette société d’Etat en qui les promoteurs et fondateurs initiaux avaient confié l’avènement d’un avenir radieux et illuminé à profusion : le propriétaire d’un complexe résidentiel tient tête et refuse de payer des arriérés avec redressement des factures d’eau et d’électricité de l’ordre de plus de 1 milliard et demi d’Ariary, sous prétexte qu’il a des amis influents très hauts placés dans la hiérarchie de l’Etat… Ce n’est pas tout ! Tenez-vous bien et veuillez attacher vos ceintures de sécurité : monsieur pique et vole l’énergie pour alimenter ses locataires au nombre de plus 40 familles où et comment ? Par branchement pirate sur l’électricité destinée à l’Université à Ankatso. Même chose pour l’eau courante de plus 40 appartements loués à des travailleurs expatriés donc très bons payeurs et solvables. Pendant plus de 10 ans, ce propriétaire expert de la débrouillardise n’a jamais été inquiété ni par les contrôleurs de Jirama, ni par les dirigeants… Ce genre de vrais problèmes sont à la source de ces effervescences des étudiants qui souffrent des délestages et des problèmes de gestion d’entreprise d’Ambohijatovo. Par acquit de conscience, nous avons tenté de prendre contact avec la Direction Générale, les filtres au niveau subalterne ne nous ont pas permis d’y arriver. Dommage…