Economie sectorielle: Quid des développements récents et perspectives ?
L’économie se redresse progressivement après la crise politique qui s’est prolongée de 2009 à 2013. La performance globale résulte de la vigueur de tous les secteurs : primaire, secondaire et tertiaire. Bien que la croissance du secteur primaire reste modeste (2.2 %), elle efface le recul de 0.7 % enregistré en 2015 suite à un épisode de sécheresse dans le sud du pays et aux inondations dans le nord. Le redressement du secteur primaire en 2016 a principalement été porté par la branche agriculture, qui enregistre une croissance de 2.8 % grâce à de meilleures conditions météorologiques, aux programmes de réhabilitation et de construction d’infrastructures hydroagricoles, ainsi qu’aux distributions de semences et d’équipements adaptés.
Plus selon les informations publiées dans Perspectives économiques en Afrique © BAfD, OCDE, PNUD 2017, les filières de l’élevage et de la pêche enregistrent un taux de croissance de 1.9 %, mais la sylviculture de 1 % seulement. La croissance a atteint 3.1 % en 2015 puis 4 % en 2016. L’année 2016 a bénéficié d’un environnement particulièrement favorable, marqué notamment par la conclusion en juillet 2016 avec le FMI d’un programme de la facilité élargie de crédit (FEC). L’exercice a été couronné par le succès de la Conférence des bailleurs et investisseurs pour Madagascar, organisée en décembre 2016.
Le secteur secondaire demeure le plus dynamique avec une croissance de 5.2 % en 2016, en recul toutefois par rapport à 2015 (7.3 %). En tête du palmarès, la zone franche industrielle a connu une croissance de 9.4 %, suivie de l’agro-industrie, de l’industrie du bois et de l’industrie métallique (6.4 % chacune). La production de la zone franche industrielle a surtout bénéficié de la prorogation, de 2015 à 2025 pour Madagascar, de la loi sur la croissance et les possibilités économiques en Afrique (Agoa) des États-Unis. La branche de construction a profité des chantiers réalisés pour le sommet du Marché commun de l’Afrique de l’Est et australe (Comesa) en octobre 2016 et du Sommet de la Francophonie (novembre). La branche des industries extractives a également conservé son dynamisme avec une croissance de 5 %, malgré la baisse des cours du nickel et du cobalt sur le marché international.
Le secteur tertiaire est resté également dynamique, avec une croissance de 4.9 % en 2016 (contre 3.4 %) en 2015. Cette performance a été tirée par les filières des transports, du tourisme, des banques, des assurances et des services liés à la construction. Le tourisme a notamment profité de la promotion de la destination Madagascar et d’un retour des touristes après la crise financière qui avait amputé leur pouvoir d’achat, de la reprise des vols d’Air Madagascar vers l’Union européenne, et de l’octroi d’autorisations de desserte à de nouvelles compagnies aériennes étrangères.
Du côté de la demande, la croissance 2016 a été essentiellement stimulée par les investissements publics, dont la part est passée de 3.9 % du PIB en 2015 à 5.4 % du PIB en 2016, soit presque deux points de mieux. L›accroissement des investissements privés s›est montré plus modeste, puisque leur part rapportée au PIB a été de 10 % en 2016 contre 9.6 % en 2015. La croissance malgache a par ailleurs été également soutenue par les échanges extérieurs, avec notamment une baisse significative de la facture pétrolière de 26 % en 2016 ainsi que du volume des importations de riz, en raison de l’accroissement de la production locale.
Les perspectives économiques pour la période 2017-18 sont favorables à une croissance plus forte, d’au moins 4.5 %, en escomptant la poursuite des efforts de préservation de la stabilité macroéconomique, d’amélioration de l’efficacité de la dépense publique et d’attraction des investissements privés. Dans cette perspective, la pression inflationniste devrait se maintenir à son rythme de 2016, soit 7 % en 2017. Le secteur secondaire restera l’un des principaux moteurs de l’économie, grâce notamment au dynamisme de la zone franche industrielle, de la filière bois et de l’agro-industrie. Quant au secteur primaire, il devrait maintenir son rythme de croissance de 2016, grâce notamment aux efforts de modernisation de l’agriculture. La filière agricole bénéficiera surtout de l’impact des grands projets de réhabilitation des infrastructures d’irrigation. Le secteur tertiaire restera également dynamique sur la période, avec pour moteurs les services de la branche bâtiments et travaux publics, le tourisme, et les services aux entreprises et aux ménages (services financiers et assurances).
Les principaux risques qui obèrent ces perspectives sont notamment la capacité des acteurs politiques à promouvoir un environnement politique apaisé favorable à la stabilité de l’économie nationale, ainsi que la gestion des chocs climatiques récurrents et l’efficacité des politiques mises en œuvre pour assurer la stabilité du cadre macroéconomique. Il s’agira aussi d’améliorer l’environnement des affaires en vue d’attirer l’investissement privé et la gouvernance, en renforçant notamment la gestion de la Société nationale d’eau et d’électricité (Jirama).