chronique de razafilahy: Tout le monde fustige l’exécutif … pourquoi ?

Il ne se passe pas une semaine sans que telle ou telle entité, groupement politique, organisation syndicale ne s’en prennent au régime tout entier et surtout particulièrement au président de la République. Ils font tous état de cette impuissance de l’équipe au pouvoir qui permettait à des criminels de se livrer à cœur joie à leurs activités cruelles en défiant pratiquement l’ordre établi. Ils ne peuvent que déplorer la gravité cette situation de réelle mauvaise gouvernance que toute une population est obligée de subir. La semaine dernière, les reproches unanimes des observateurs tournaient autour de cette insécurité ambiante conséquence directe des sports favoris des réseaux de truands organisés en bandes (attaques à main armée et kidnappings à répétition).

Après les jours de repos de la fête de Pentecôte pourtant marqués par la libération lundi dernier de Yanish Ismaël fils d’un riche homme d’affaires après paiement de 50 milliards d’Ariary dans des conditions que les premiers intéressés ne confieront jamais à qui que ce soit par peur des représailles, voilà qu’un autre enlèvement vient d’avoir lieu hier encore. Selon INFO RE « Le jeune Pradeep Chandarana se rendait à son école quand l’enlèvement a eu lieu. Tôt ce matin, vers 8h, heure locale, deux individus armés ont barré la route de la voiture qui transportait le jeune ressortissant indien.   Cet audacieux rapt a été perpétré hier tout juste le surlendemain de la libération du fils de Danil Houssen. La communauté   indo-pakistanaise est de nouveau frappée par cette force mystérieuse qui jusqu’à ce jour tient tête et nargue avec insolence les forces de l’ordre. Mais il y a plus grave : à la grande joie des malfaiteurs, les efforts des enquêteurs butent sur la réticence compréhensible des familles victimes qui écartent toutes collaborations avec les policiers alors que d’un côté elles se plaignent du fait   qu’on banalise leurs drames au nom d’un argument réducteur sur « une concurrence économique et financière féroce entre certaines familles »… Dans la réalité des faits du côté officiel, on est plutôt conscient de l’existence des réseaux organisés difficilement perméables   favorisé par le laxisme qui a suivi les évènements de l’an 2009. Dans les milieux professionnels de la justice, on monte au créneau pour dénoncer les ingérences inacceptables de quelques sénateurs trop soucieux d’un clientéliste politique. Parce que ces parlementaires voulaient montrer à la population de leur circonscription électorale de quoi ils étaient capables pour obliger les tribunaux à se plier à leur volonté, le corps de la magistrature par le biais de leur syndicat hausse le ton et exige des autorités centrales qu’on remette la pendule à l’heure. Pour les juges dans l’ensemble, certaines personnalités de l’exécutif pour faire plaisir à des parlementaires avaient franchi la limite au-delà de laquelle les interventions abusives étaient inacceptables. Si du côté de Manakara, le problème entre les fonctionnaires des services pénitentiaires et les juges relevait des relations de service perturbées par le traitement d’un dossier de procédure qui avait été très mal pris par les fonctionnaires chargés de la surveillance des prisons, à Ampanihy-Ouest l’objet de la colère des magistrats avait pour origine l’ingérence du sénateur de la localité. A tout cela, il faut ajouter les revendications des greffiers qui restent et demeurent apparemment ignorées de leurs supérieurs au niveau ministériel. Dans l’arène de la politique politicienne, le feu de la contestation couve sous la cendre de toutes les déceptions qu’avaient générées   les mille et une promesses que les décideurs n’ont pas daigné tenir… Dans les casernes, la confiance envers les autorités civiles était loin d’être au beau fixe. Pendant que les uns se morfondaient dans un silence irrité à cause des avantages et privilèges trop arrogants de leurs chefs gâtés par un favoritisme partisan pendant qu’ils se débattent dans des conditions de promotions et d’avancements en grade dénaturées par des complaisances arbitraires.

La proximité et les mirages des prochaines élections n’arrangent rien du tout à cause des opérations de séductions assorties d’espèces sonnantes et trébuchantes. Plus préoccupés par la recherche des voies et moyens pour arriver à une longévité politicienne illusoire, les responsables oublient pratiquement de se pencher sérieusement sur les sorts désastreux des administrés. En haut lieu, les préoccupations sont plutôt d’ordre financier ayant trait à la survie budgétaire d’une gouvernance à laquelle les partenaires institutionnels internationaux ne fait pas du tout confiance. Les options girouettes qui vont de la politique de la main quémandeuse en direction des capitales européennes jusqu’à la braderie des intérêts locaux et des ressources nationales au profit des puissances financières asiatiques, au lieu de créer un climat favorable à un développement rationnel favorisent plutôt un déclin économique inévitable. Rien ne permet de croire que les virées de ces derniers mois vers la route de la soie seront porteuses de résultats viables pour   que « Madagascar redevient la Grande île de lumière et de prospérité.» Il en sera toujours ainsi tant que les dirigeants n’arrivent pas à changer de mentalité et de cap… Le pire est même à craindre.

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