La transparence: Meilleur reflet d’un Etat de droit !
Aucun pays, quelque soit son type de gouvernance ne peut affirmer être un Etat de droit si la transparence n’est pas appliquée de manière concrète. Parmi les nombreux moyens permettant de mettre cette transparence en exergue, il y a notamment la déclaration de patrimoine, qui est imposée à de nombreuses fonctions de l’État. A Madagascar, par exemple, la date limite pour effectuer cette déclaration de patrimoine était au début de ce mois. Bien que cela relève d’une obligation légale, presque 40 % des personnes concernées ont pourtant refusé de s’y conformer, parmi lesquels 2 membres du gouvernement actuel.
Au cours du mois de juillet de l’année passée, la loi anti-corruption a été votée en bonne et due forme. Celle-ci impose à non moins de huit mille personnes de faire une déclaration de patrimoine. Plus précisément, il s’agit des fonctions telles que les membres du gouvernement, les parlementaires, les préfets, les chefs de région, les maires, les magistrats, les inspecteurs ou encore les officiers de la police judiciaire. Selon le bureau indépendant anti-corruption qui est en charge, entre autres, de la réception de ces dossiers, seulement 70 % des personnes concernées ont honoré cet engagement. Quand on sait que le fondement même de cette loi est d’empêcher ces fonctionnaires d’Etat de tirer illicitement profit de leur fonction pour s’enrichir illicitement, on comprend vite pourquoi il y a eu autant de récalcitrants à ces postes élevés de la gestion de l’Etat.
Pris dans son ensemble, cette attitude prouve encore une fois que bon nombre de ces responsables trouvent un intérêt particulier à laisser régner l’impunité au profit de l’Etat de droit. D’autant plus que l’absence de transparence laisse une porte ouverte à toute forme de corruption d’enrichissement sans cause ou autre détournement de deniers publics. Une fois de plus, le BIANCO aura fort à faire pour espérer lutter efficacement contre ce fléau qui est en train d’anéantir le pays : la corruption.
Quoi qu’il en soit, les premières poursuites devraient pouvoir être engagé dans les jours à venir. Ceux qui n’ont pas fait leur déclaration seront pour leur part relancés par écrit, et devront fournir leur déclaration dans les deux prochains mois, avant d’être audité. Rappelons tout de même que le texte de loi concerné donne au BIANCO la possibilité de sanctionner ceux qui refusent de faire leur déclaration de patrimoine. Une sanction qui peut entraîner six mois à cinq ans de réclusion.
Etant actuellement en voyage présidentiel, on ne s’étonnera pas du mutisme de Hery Rajaonarimampianina alors même qu’un grand nombre de ses collaborateurs refuse de respecter cette loi. On ne s’étonnera pas non plus, s’il prétendra que ce n’est pas une priorité pour le développement du pays. Forcément quand on a l’habitude de bafouer les lois et vivre autant dans l’impunité, plus rien n’étonne.
Johan R.