Grève du SMM: Ou la relaxe de nombreux prévenus !

Cela fait plusieurs années que l’intégrité, et surtout l’indépendance de la justice sont sévèrement pointées du doigt. Une remontrance qui se manifeste dans de nombreuses villes du pays, par le lynchage populaire, qui est devenu depuis ces derniers mois une pratique de plus en plus courante. Mais l’affaire qui a mis le feu aux poudres, restera sans doute celle de l’une des proches du couple présidentiel. Une affaire qui en plus d’avoir fait la une des médias nationaux se solde maintenant par la grève générale du SMM.

Si les magistrats sont actuellement dans une grève générale, c’est pour réclamer leur indépendance face aux pressions de tous bords exercées par le pouvoir exécutif. Bien entendu avant d’exercer leur droit de grève, ce corps de profession a réclamé de la part de l’Etat, des mesures radicales pour mettre fin à l’impunité pratiquée par certaines personnes beaucoup trop proches du pouvoir actuel. Une lettre a d’ailleurs été adressée tant au président de la République qu’au Premier ministre chef du gouvernement. Malheureusement, ces lettres n’auront aucune suite de la part des personnes concernées. Et ce n’est d’ailleurs pas près de changer car, actuellement, ces deux hommes forts du pouvoir exécutif, sont pour l’instant pris par d’autres priorités. En attendant, c’est donc la grève générale du syndicat des magistrats de Madagascar qui paralyse complètement le système judiciaire nationale. Pour de nombreux prévenus, c’était l’occasion à saisir pour bénéficier d’une relaxe pour le seul motif que les délais de détention légale sont arrivés à expiration. A ce rythme, on risquerait de se retrouver avec trop de personnes relaxées, faute de procès.

Bien que cette grève soit motivée par le fait de réclamer la fin de l’impunité au sommet de l’Etat, tout semble faire croire que celle-ci soit la porte ouverte à l’impunité à un niveau beaucoup moins élevé. Et qu’en est-il de ces personnes qui devront attendre leur déferrement au parquet ? En attendant de trouver une issue à cette situation, certains innocents resteront dans la maison centrale d’Antanimora, tandis que certains coupables pourront toujours courir. Une situation qui tourne au burlesque surtout lorsqu’il s’agit de réclamer l’application de l’Etat de droit.

Johan R.

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