Montée de la pauvreté: Risques et menaces
Le régime actuel ne fait rien ou pas grand-chose pour lutter contre la pauvreté qui constitue pourtant une menace sérieuse. La pauvreté graduelle va engendrer la famine.
Celle-ci ne se limitera pas au grand Sud. Il faut savoir que lorsque des individus sont poussés par les émeutes de la faim, ils deviennent fous furieux et cessent de faire des choix éclairés. La pauvreté grandissante va favoriser les sectes. Celles-ci vont manipuler les esprits fragiles en leur promettant monts et merveilles. La pauvreté croissante va encourager les mouvements islamistes radicaux. Ceux-ci ne demandent que l’expansion de la misère pour exporter leur idéologie dans la Grande Ile. En plus de ses impacts sociaux, la pauvreté a des conséquences économiques non négligeables. La pauvreté qui augmente va freiner les investissements étrangers. Génératrice d’insécurité et d’instabilité, l’extrême indigence horripile et fait fuir les investisseurs. Sachant que la démographie galopante accélère la pauvreté, le régime actuel et le prochain ne pourront rien pour stopper une paupérisation aux effets dévastateurs. Faute de pouvoir réduire la misère, nos dirigeants l’accentuent avec leurs mauvaises orientations et l’entretiennent avec leur soif de se maintenir au pouvoir.
M. GASPARD
Inégalités croissantes
Le contexte social reste marqué par la pauvreté, la malnutrition et les inégalités croissantes, elles-mêmes attisées par une croissance démographique de 2.8 % par an. La population est jeune, avec 76.2 % de moins de 35 ans. Le marché du travail est dominé par le sous-emploi et la précarité de l’emploi. Quatre travailleurs sur cinq ont un emploi fragile (faiblement rémunéré, ou/et précaire), alors que 400 000 jeunes arrivent chaque année sur le marché du travail.
Il est vrai que les pouvoirs publics entendent relever les défis du développement du capital humain, à travers notamment le Plan national de développement 2015-19. De plus, le gouvernement a adhéré à l’agenda 2030 des Nations Unies visant à éradiquer la pauvreté sous toutes ses formes. Et les engagements financiers des partenaires pris dans le cadre de la Conférence des bailleurs et investisseurs de Paris devraient permettre de soutenir les budgets sociaux, encore très limités, pour faire face aux enjeux.
Mais jusqu’ici les données disponibles, notamment, du document portant Perspectives économiques en Afrique © BAfD, OCDE, PNUD 2017, font état que malgré la reprise économique, Madagascar reste confronté à des inégalités croissantes. Selon les données de l’enquête sur les OMD 2012/13, actualisée en 2016 avec l’appui du département statistique de la BAfD, le taux de pauvreté est de 73.7 % au niveau national (79.6 % en milieu rural et 50.3 % en milieu urbain), avec des disparités régionales très marquées.
Dans les régions d’Androy et Atsimo Atsinanana dans le sud, le taux de pauvreté atteint respectivement 97.2 % et 93.7 %, tandis que celles d’Analamanga et de Diana enregistrent les taux de pauvreté respectifs de 43.5 % et 54.5 %.
En termes de groupes socio-économiques, le taux de pauvreté est plus élevé chez les agriculteurs (entre 79 % et 86 % selon la taille de l’exploitation). La pauvreté quasi généralisée dans le pays est aggravée par une croissance démographique annuelle de 2.8 %.
Par ailleurs, les mêmes informations indiquent qu’avec la recrudescence des épisodes de sécheresse dans le sud et la multiplication des inondations dans le nord, l’insécurité alimentaire est devenue récurrente, et la pauvreté risque de s’aggraver.
Les besoins en protection sociale restent ainsi énormes pour répondre à la précarité alors que les budgets sociaux sont très limités. En 2015, les pouvoirs publics ont adopté une Politique nationale de protection sociale (PNPS) prévoyant des filets de protection sociale.
Malgré l’appui des partenaires au développement, les financements restent largement insuffisants pour couvrir les besoins.