1896-1960 : pour une indemnisation de Madagascar par la France (116ème partie)
La France vient de faire pleurer la terre entière avec sa commémoration du massacre commis à Oradour-sur-Glane. Pour rappel, le 10 juin 1944, les nazis ont tué 642 français dans ce petit village. Ils ont notamment lancé des grenades dans une église où étaient réfugiés des femmes et des enfants. Les accusés ont été jugés. Un d’entre eux a été condamné à mort et d’autres ont été condamnés à plus de dix années de travaux forcés. A la suite de ce massacre odieux, la France s’est empressée de marteler « plus jamais ça ». Pourtant, elle n’a eu aucun scrupule à faire plus que les nazis en exterminant plus 200.000 malgaches en 1947 et 1948. Les auteurs de ce carnage n’ont pas été inquiétés. Paradoxalement, ce sont les Malgaches Joseph Raseta et Joseph Ravoahangy qui se sont retrouvés sur le banc des accusés et qui ont été condamnés. La France rend et applique volontiers la justice et le crie sur les toits quand ses compatriotes ont été victimes d’assassinats. Par contraire, lorsqu’elle est coupable, elle méprise superbement le droit des victimes étrangères à un procès juste et équitable. Les victimes étrangères ne sont même pas considérées comme des victimes puisque les survivants et les familles n’ont pas droit au moindre dédommagement. Pour que la commémoration de la tuerie d’Oradour-sur-Glane en 1944 prenne tout son sens, la France doit faire face à ses responsabilités dans le massacre commis à Madagascar en 1947.
Ranary et Fabrice