sentinelle: Haro sur la guerre des classes !!!

Madagascar vit actuellement une lutte de classe malsaine. Nous avons déjà interpellé le pouvoir par cette rubrique la Sentinelle sur cet état de fait. Mais peu de mesures effectives ont été prises pour juguler ce glissement vers l’autodestruction de la vie sociétale. Tous les indicateurs sont effectivement présents pour confirmer notre assertion. Encore une fois il nous faut expliquer les raisons profondes responsables de ce déclin intellectuel, spirituel et moral de la population.

La pauvreté qui s’est incrustée pernicieusement mais surtout durablement dans nos vies est due aux méfaits successifs de politiciens démagogues qui n’ont de projet de société que la course à l’électorat une fois en place. Effectivement une fois élus, leur principale préoccupation est « Comment y rester le plus longtemps possible ? » Toute leur politique à long terme se résume à cette phrase anodine, mais qui explique toute l’incohérence perçue dans les actions qu’ils entreprennent. Ce pourrissement dans l’inactivité est expliqué actuellement par la dégradation de la vie sociétale illustrée par : l’insécurité grandissante, la santé précaire, le vindicte populaire preuve flagrante de la défiance du peuple en son système judiciaire et la guerre des classes déclarée.

Pour ne pas mettre tout le monde dans le même sac, on s’est quand même aperçu qu’il y eut des efforts chez certains mais leurs velléités de changement ont tout de suite été étouffées par un mot d’ordre qui était de se conformer à l’idée d’appartenance à l’ équipe dirigeante, sinon l’éjection du récalcitrant au mode opératoire lénifiant du pouvoir en place se fera manu militari…Ces valses des responsables ministérielles vues jusqu’ici, ne permettent pas d’élaborer une politique à long terme garante d’une efficience capable de nous sortir de l’engrenage de la pauvreté. Ces perpétuels changements ne sont que des leurres pour étouffer des tensions qui couvent au sein de la population qui est loin de comprendre que la mesure prise est une énième remise à zéro d’un processus de développement qui tardait déjà à venir.

La résultante de ces atermoiements diligentés par le pouvoir suprême est l’installation définitive de la pauvreté. Mais la plaie ne s’arrête pas là, le fossé entre les pauvres et les riches s’est agrandi d’une façon exponentielle créant désormais une cassure, sinon une fêlure de la société malgache.

Comme je l’ai annoncé antérieurement, des indicateurs de cette guerre sociétale ont surgi dans la vie active, et ce sont :

– Les prix à deux vitesses qui se font à la tête du client dont un pour les pauvres et un autre pour les riches.

– Le contrôle policier de la circulation urbaine qui arrête les véhicules 4×4 et laisse passer les chars à bras en plein délit de circulation.

– Le sabotage des employés des travaux publics de la CUA et de la JIRAMA qui dans leurs obligations de travail sur la réfection des rues et routes, érigent plutôt des casseurs de vitesse qu’ils n’en réparent.

– La mentalité actuelle des salariés exempts de toute culture d’appartenance à leur unité professionnelle et qui se désolidarisent de leurs employeurs en se disant “tsy ahy fa azy” (ce n’est pas à moi mais à lui) dans l’exercice de leur métier. Cette attitude négative est constatée non seulement dans la fonction publique mais aussi dans le secteur privé.

– L’accaparement des rues et des routes par les piétons se promettant d’emmerder les propriétaires de véhicules à moteur par tous les moyens.

– Dans le cas d’un différend entre un véhicule privé et un véhicule de transport en commun commettant un délit de circulation, les usagers de ce dernier se retourneront tous contre le premier qu’il ait raison ou non …

– Le vandalisme qui est une réaction épidermique à tout ce qui est beau et propre, assimilé par les pauvres d’esprit à un symbole ou un privilège de l’oligarchie, et qu’il leur faut absolument détruire.

– Le peu de considération de la vie des piétons par les richissimes motorisés qui en cas d’accident arriveront toujours à s’en tirer vis-à-vis de la justice.

– Les signes ostentatoires de richesse qui aiguisent la jalousie se transformant en haine de classe.

– La velléité des riches de s’isoler et de rester entre eux en écartant les non nantis de leurs activités de loisirs.

La déliquescence de la société au vu de ces nouvelles tares est en cours, mettant en danger la convivialité qui est l’essence même de la valeur traditionnelle malgache. Avant qu’il n’y ait une crise sociale qui mettra en danger la paix qui règne encore dans notre pays, l’Etat doit prendre ses responsabilités en agissant pour le mieux vivre ensemble dans les secteurs suivants :

– La présidence doit être créative dans ses actions en nourrissant le peuple à travers la mise en place de restos du cœur (CF : feu le français Coluche) qui auront ce privilège de diminuer la tension sociale entre ceux qui ont toujours faim et ceux qui vivent dans l’abondance totale.

– Le ministère du commerce par le contrôle suivi de l’affichage des prix sur tous les produits en vente. Il faut maintenant reconnaître que tous les produits sur nos marchés se font à la tête du client, et il n’y a rien de plus désagréable que d’être jaugé, soupesé et classifié comme du bétail quand on va dans ces lieux d’échanges commerciaux.

– Le ministère de la santé qui doit veiller à la salubrité garante de la productivité de nos concitoyens. Il doit exiger l’effectivité d’une vitrine chez tous ceux qui font commerce d’aliments cuits ou crus. Effectivement leurs prix abordables font en sorte qu’ils sont largement sollicités par les pauvres qui sont majoritaires dans le pays. L’indifférence du pouvoir qu’on a pu constater depuis notre dernière interpellation fait croire que ces derniers peuvent passer de vie à trépas sans qu’il y aurait des remous en haut lieu.

– Les ministères des forces de l’ordre par des stages sur le renforcement des capacités se doivent de traiter sur le même pied d’égalité tout acte délictuel et criminel en occultant toute discrimination sociale.

– Le ministère des travaux publics, la CUA et la JIRAMA doivent sommer les responsables d’être plus rigoureux sur la qualité des travaux entrepris en faisant bien la différence entre réfection d’une rue ou route, et la mise en place de casseurs de vitesse non signalés par des panneaux de circulation y afférents (SIC).

– Le ministère du travail doit encourager les unités professionnelles à renforcer leur culture d’entreprise.

– Le ministère de la population doit mettre l’accent sur l’éducation pour pallier à l’anarchie ambiante dans toutes les sphères d’activités impliquant toutes sortes d’irrespects (des lois, du droit de l’homme et de l’environnement).

– Le ministère de la justice doit être vigilant sur l’application effective des sanctions qu’elle a prononcées contre des nantis qui peuvent se permettre de ne pas passer leur peine en prison moyennant finances. Il doit aussi réviser, contrôler et corriger l’adéquation de la proportionnalité d’une sanction au crime ou délit perpétré par un justiciable. Et une dernière demande du peuple est l’accélération des procès concernant les prisonniers mis en mandat de dépôt dont la durée qui s’étale en longueur ressemble à une sanction avant jugement, accentuant ainsi la défiance de la population envers la justice de son pays.

Max Randriantefy

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