Développement du tourisme: Par l’anéantissement des ressources naturelles !
La sixième édition de l’ITM s’est achevée avec un franc succès à en croire les organisateurs. L’un des principaux points forts restera sans doute l’entérinement des accords sur le secteur entre Madagascar et la Chine. Si l’on ne devait se concentrer que sur cette partie émergente de l’Iceberg, on aurait pu être fier. Or, sur l’extrémité nord-ouest de l’île, c’est une toute autre histoire qui est en train de se produire.
De nombreux acteurs, sinon tous, sont d’accord sur un point, le tourisme malgache attire en grande partie grâce à la richesse de sa biodiversité unique au monde ou encore de la richesse de son sous-sol. En termes plus simple, tant que le secteur environnement sera préservé, Madagascar pourra continuer à attirer un grand nombre de touristes. Si les quatre coins de l’île attirent, la partie nord est privilégiée par les visiteurs, nationaux ou étrangers, qui ont une attirance particulière pour le monde sous-marin ou encore le sous-sol. Pourtant, cette partie de l’île vit actuellement sous un conflit latent. En effet, une société allemande du nom de Tantalus aurait obtenu des droits pour effectuer des tests d’extraction dans la péninsule d’Ampasindava. L’enjeu : le tantale. Pour ceux qui l’ignorent, ce métal gris est utilisé pour les matières électroniques, notamment pour l’utilisation des téléphones portables. Ce sont donc, près de 300 kilomètres carrés qui ont été donnés en concession à cette entreprise allemande. Une étrange coïncidence, alors même que le président de la République a récemment effectué un voyage officiel, sur l’invitation du président du Parlement Allemand. Concours de circonstance ou accord préalable ? Dans un pays où la transparence est loin d’être de rigueur, le doute est permis.
Toujours est-il que cette affaire tend étrangement à ressembler à l’affaire de Soamahamanina où les habitants se sont interposés avec la seule force de leur corps pour lutter contre la spoliation de leurs terres aux profits d’opérateurs économiques. Dans le cas présent, c’est donc au tour des représentants de l’Alliance pour la protection et le développement durable d’Ampasindava de tirer le signal d’alarme. Les habitants de cette région se disent encore plus consternée dans la mesure où la zone attribuée à la compagnie allemande Tantalus se situe en bordure d’une aire protégée. Qui donc, protège cette aire qui a pu obtenir une autorisation d’exploitation ?
Alors, que le tourisme est dans une phase de relance difficile, notamment à cause de l’insécurité, de la coupure incessante de l’alimentation électrique et autre insuffisance de vols internationaux directs. C’est un nouveau coup de couteau qu’est en train de vivre le secteur, plus particulièrement dans la partie nord de l’île. Si la richesse de Madagascar se matérialise par sa biodiversité unique, quelles sont les réelles motivations des responsables ayant autorisés l’exploitation de cette concession de 300 kilomètres carrés ? Madagascar n’est-il pas suffisamment pauvre ? Le signataire, les commanditaires, et les personnes concernées par cette autorisation ne sont-ils pas suffisamment riches ? Une affaire à suivre de près, dont l’avenir du tourisme dépend.
Johan R.