Editorial: La galère !

Les députés, qui siègent depuis déjà des semaines à Tsimbazaza, se la coule douce. Ce sont des veinards, des chouchous de la République. Par exemple, pendant une session parlementaire, chaque député engrange quelques millions d’ariary (salaires, indemnités, divers avantages en nature, etc.). Sans oublier qu’ils font payer chèrement des investisseurs, de puissants groupes économiques leur travail de lobbying. Ce sont des pratiques qui durent, ici et ailleurs, depuis la nuit des temps : Madagascar ne fait pas exception.

Tsimbazaza s’illustre singulièrement par le nombre impressionnant des commissions et séances plénières, sans que les électeurs soient, in fine, informés des résultats par le biais des médias gouvernementaux. Rien ne filtre de l’hémicycle quant aux décisions, aux décrets votés les députés. Tout se fait en catimini. Aussi, l’opinion ne semble-t-elle plus intéresser par les travaux parlementaires, pourtant ô combien essentiels, dans la vie de la nation. Ce qui arrange d’ailleurs l’exécutif et le législatif. Ces derniers ne seront alors pas dérangés dans leurs magouilles et autres combines politiques.

En tout cas, en ce mois de juin 2017, l’Assemblée nationale donne l’impression d’être débordée. Ce n’est pour l’instant qu’une impression. Quoiqu’il en soit, les élus ont du pain sur la planche. Le 1er juin, il y eut une séance plénière, suivie d’un débat, portant sur le rapport d’exécution du programme du gouvernement. Le mardi 6 juin, travaux des commissions (juridique ; des finances et du budget ; du commerce et de la consommation ; de l’industrie et du développement du secteur privé et des PME). Et reséance plénière, le 7 juin… On ne peut affirmer que les députés présents auraient respecté intégralement un tel calendrier.

Notons que, ce jour, une réunion des membres du Bureau permanent est prévu, pour élaborer notamment le programme jusqu’à la fin de la session, prévue à la fin de ce mois. Cependant, les députés peuvent – comme ils n’ont pratiquement rien entrepris depuis – demander une session extraordinaire d’une durée de douze jours, histoire peut-être de rattraper le temps perdu. Pour les honnêtes contribuables : et vogue la galère !

Franck Raharison

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