CHRONIQUE: Trois gouvernements, trois échecs …

Dans un élan désespéré pour sauver la face, le système à bout de souffle du parti HVM s’est tourné vers la Chine, alors que la situation financière et économique du pays en général affiche un réel désastre. Il n’est plus possible de camoufler les résultats négatifs constatés par l’opinion depuis 2014, derrière les déclarations fracassantes qui ne rassurent même plus les discoureurs eux-mêmes. Les efforts de développement annoncés en grandes pompes n’ont pas résisté aux aléas d’une mauvaise gouvernance devenue incontrôlable. Sous l’action de blocage des conséquences des réalités conjoncturelles locales (l’absence de savoir-faire, la corruption rampante dans toutes les administrations et surtout l’insécurité persistante).

Le pouvoir en place avait opéré cahin-caha un remaniement le jeudi 20 avril dernier, après la tempête dans un verre d’eau provoquée par le scandale financier impliquant le ministère de l’Intérieur. A un moment où déjà tous les médias et les observateurs n’arrêtaient d’interpeller toutes institutions. Les entreprises d’Etat affichaient tous les mauvais résultats de gestion et les pires compromissions des responsables (Jirama, AirMad, Omnis…) parce que les considérations d’ordre bassement affairiste intéressé l’emportent sur les réels intérêts commerciaux. Même si l’actuel président de la République s’obstine à défendre ce qui est indéfendable pour donner raison à des courtisans du sérail qui n’ont jamais cherché que les profits égoïstes dans les prises de décisions en faveur de partenaires rapaces visiblement mal intentionnés. Pourquoi, on tarde à débloquer le décollage de la compagnie aérienne nationale ? Derrière les argumentations basées sur gros sous, le personnel n’est pas dupe sur le début de cannibalisation de leur outil de travail et la finalité mafieuse des démarches des décideurs. La grande magouille en haut-lieu est trop flagrante que l’Etat est aussi montré du doigt et surtout accusé de prendre des décisions à tort et à travers, sans en mesurer sainement les conséquences. Le constat est malheureusement valable pour tous les secteurs la vie nationale confirmé par le message des prélats catholiques qui dit clairement « on voit bien que la politique que vous menez, loin d’être la recherche du bien du peuple n’est par contre qu’une recherche effrénée d’intérêts personnels et désir de se maintenir au pouvoir à tout prix. »  

Il est donc normal que pour la population, on peut d’ores et déjà dire adieu à tout espoir d’une embellie de son quotidien. La liste des ratages qui n’arrête pas de s’allonger au fil des mois et le ras-le-bol croissant ont fini par provoquer la colère des entités les plus hésitantes de la société. Comment peut-on encore resté impassible quand réalise que sous les trois gouvernements successifs, ni le prolétariat, ni les élites lucides de ce pays n’arrivent pas à voir clair sur les objectifs programmés du régime. Ils sont confronté à l’évolution scandaleuse d’un enrichissement sans cause d’une minorité de personnalités en combine avec des hauts responsables de l’autorité centrale. Et lorsque le mouvement de ces juges a pris l’initiative de secouer le joug de l’instrumentalisation des magistrats, la population en général commençait à croire à l’avènement d’une refondation nationale tant souhaité. Ils se mettent en conformité ainsi aux injonctions des évêques de Madagascar qui déplorent : «De vous, on ne constate pas grand chose de vrai ni de juste. On parle que de corruption, de condamnation d’innocents, de la vérité qui est bafouée. Ce qui est plus affligeant c’est de savoir que certains d’entre vous qui travaillent sérieusement sont persécutés ou bien sont affectés ailleurs. Comme conséquences néfastes les gens prônent comme solution immédiate les vindictes populaires. L’Etat de droit est devenu une parole vide de sens. » A la fois adulés à cause de leur civisme admirable et détestés compte tenu de la mauvaise foi de certains d’entre eux des parjures, les fonctionnaires du ministère de la justice avaient mis en marche un mécanisme qui ne risque de s’arrêter qu’après avoir bousculé sans ménagement et jeté dehors les éléments corrompus de la corporation d’abord et ensuite du système étatique en place. Mais en face, il semblerait également que d’anciens chefs de juridiction ripoux, actuellement immensément riches et propriétaires d’importantes entreprises commerciales, casés et pantouflant dans les coulisses du ministère de la Justice complotent et envisagent de jouer les pompiers pour stopper l’élan patriotique de ceux qui rêvent d’une intégrité de la Justice au nom du peuple Malgache. Il ne faut pas oublier que le succès de la contestation de la solidarité des juges renforce l’impression d’incompétence cupide que les observateurs trouvent dans l’exercice des prérogatives étatiques. Pour rappel, souvenons-nous que lorsque le Premier ministre Roger Kolo avait tenté de prêcher dans le désert du monde du banditisme rural, nous savons tous le sort qui lui a été réservé. C’est ce qui arrive quand on met les pieds dans les plats des festins de ces puissants parrains du commerce de la viande approvisionné par les bœufs volés. Son successeur n’a pas fait long feu, lui-aussi, en essayant de mettre un holà aux sources de financements occultes d’un gouvernement fantôme (bois de rose, népotisme des octrois abusifs de marchés publics). La suite du feuilleton est encore d’actualité avec un Premier ministre qui, bénéficiant de l’injuste privilège de son rang, reste et demeure intouchable. En tant que Chef de gouvernement, il peut compter sur une Haute Cour de Justice que personne ne s’amusera à rendre opérationnelle pour la bonne cause en faveur de tous les voleurs et leurs complices qui ont pillé avec astuce et sans vergogne les deniers publics. Et c’est tant pis pour les habitants de cette île aux trésors cible de tous les prédateurs étrangers et leurs valets locaux !

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