Edito: Magistrats : à la recherche d’un retour en grâce
On ne sait au juste si c’est l’affaire Claudine qui a réveillé les magistrats de leur longue léthargie, en tout cas s’il y a une volonté de faire en sorte que les citoyens aient de nouveau confiance aux magistrats et à la justice ça ne peut être qu’une bonne chose. On ne peut également que comprendre ceux qui doutent et qui attendent d’abord qu’un vrai ménage se fasse à l’intérieur même du corps de la magistrature. Là où on s’étonne par contre, c’est ce duo SMM et Union des magistrats pour la revalorisation de la fonction de juger. Si tous les magistrats sont à priori membres du SMM, ils ne sont pas tous membres de l’Union des magistrats et on se demande à juste titre qu’est-ce qui différencie ces deux? On se demande à juste titre pourquoi il y a eu la naissance de cette Union des magistrats et dans laquelle selon sa présidente il faut un engagement, probablement que l’entrée se fait par cooptation.
Les suspicions légitimes des citoyens trouvent là un terreau favorable car si une Union des magistrats existe en parallèle avec le SMM c’est qu’il y a une raison. Ce qui étonne par contre, c’est qu’on n’a pas beaucoup entendu cette Union des magistrats alors qu’on entend beaucoup le SMM. Si les deux poursuivent les mêmes objectifs à savoir l’indépendance, lequel des deux commence véritablement par le ménage au sein même de la magistrature sans corporatisme? Est-ce l’Union des magistrats qui n’est constituée que de quelques membres et qui pourtant est resté silencieux depuis quant aux dérives de certains magistrats? Si les deux poursuivent les mêmes objectifs, peut-être devraient-ils alors faire appel au Bianco également pour les aider à mener des investigations sur les éventuelles brebis galeuses de la magistrature? Si les deux poursuivent les mêmes objectifs il est sans conteste que le Bianco y a été pour beaucoup, que l’action du Bianco a été pour beaucoup dans le sursaut qui anime aujourd’hui les magistrats.
Si les deux poursuivent les mêmes objectifs, il est temps aussi que la transparence soit reconnue. Bon nombre de citoyens cherchent à savoir le comment et le pourquoi de la décision rendue dans le cadre du fameux accident mortel causé par le conducteur de la mini-cooper. Et là, on comprend mieux les universitaires qui demandent les publications des décisions de justice. Cela permettra à tout un chacun de comprendre les raisons d’une telle décision et peut-être de s’attendre à une même décision si jamais un même cas se produit. On ne peut qu’encourager cette volonté des magistrats d’arriver à un véritable État de droit, on ne peut également que les encourager en donnant le bon exemple et en faisant aussi le ménage au sein de leur corps.
D.R