CHRONIQUE DE N. RAZAFILAHY: Le président Hery : à la recherche d’une bouée de sauvetage

Si de l’autre côté de l’Atlantique, selon les médias après l’audition publique de James Comey devant le Sénat, Donald Trump « n’est toutefois pas encore au bout de ses peines. S’il est trop tôt pour l’accuser d’obstruction à la justice, une série d’enquêtes se poursuivent dont la plus rigoureuse menée par le procureur spécial, Robert Mueller. … » A Madagascar, le président Hery Rajaonarimampianina, lui il peut pousser un ouf de soulagement en ce qui concerne ce scandaleux dossier sur Claudine Razaimamonjy. Il n’a même pas eu besoin d’interférer personnellement dans les procédures pour que tout rentre dans l’ordre. Alors que ses détracteurs l’attendaient au tournant d’une ingérence pour « obstruction à la justice »

Les magistrats ont convaincu le régime de la justesse de leur obstination à vouloir moraliser la profession. L’objectif visé ne concernait pas uniquement la régularisation de la procédure sur le dossier Claudine Razaimamonjy. Les enquêtes de Bianco et les actions de la Chaîne Pénale Anti-Corruption peuvent reprendre en toute légalité. Le climat politique en général a été sérieusement perturbé par les péripéties de cette affaire qui risquent d’éclabousser sérieusement le Premier ministre, également ministre de l’Intérieur est des fonctionnaires subalternes qui ont traité des dossiers financiers épinglés initialement par des Inspecteurs d’Etat. Les prochains mois prometttent d’être à risques pour de très hautes personnalités. Toujours est-il, malgré le bien fondé et le côté « indigné » de la croisade du SMM, l’opinion ne peut s’empêcher également de voir d’un mauvais œil les activités pernicieuses et condamnables de quelques juges judiciaires mêlés à des affaires qui sentent la corruption et le déni de justice à plein nez. Des personnes dignes de foi estiment même à juste titre à propos de ces brebis galeuses que «De vous, on ne constate pas grand chose de vrai ni de juste. On parle que de corruption, de condamnation d’innocents, de la vérité qui est bafouée. Ce qui est plus affligeant c’est de savoir que certains d’entre vous qui travaillent sérieusement sont persécutés ou bien sont affectés ailleurs. Comme conséquences néfastes, les gens prônent comme solution immédiate les vindictes populaires. L’Etat de droit est devenu une parole vide de sens.» Sur ce point, les syndicalistes soucieux de l’avenir de la corporation et de l’intégrité de la justice rejoignent les préoccupations du président de la République. Il n’y a donc pas friction de ce côté-là de la démarche du SMM et d’un Chef d’Etat à la recherche du temps perdu dans la lutte contre la corruption. Le moment serait donc venu pour les magistrats de dénoncer sans aucun parti pris ces brebis égarées comme avec ce qui se passe à Sambava et dans d’autres juridictions également, ternissent le prestige et l’honneur des juges. Il est de notoriété publique à Sambava que le riche homme d’affaires dénommé W… M….. en litige avec une grande partie de la population à propos d’un terrain de 52ha se vante « d’avoir mis tous les juges dans sa poche » et terrorisent les gens. Un cas parmi tant d’autres qui ne font pas honneur à la profession des magistrats. Il est temps que le syndicat s’y intéresse pour éviter d’être accusé de corporatisme complice.

Débarrassé de cette épine judiciaire d’Ambohimanahamasina, le président peut maintenant se consacrer sérieusement à ses obligations et attributions républicaines. Face à une mauvaise gouvernance, une insécurité ambiante et aux carence d’une administration territoriale trop marquée par l’empreinte d’une domination verticale de type colonial qui porte préjudice à l’image de celui qui désire tant « qu’ensemble nous libérions les énergies pour renverser la fatalité de la misère et de la maladie qui ont tant touché notre pays.» Pour ce faire le régime a intérêt à s’accrocher à cette salutaire bouée de sauvetage pour tout le pays que représente la mise en place d’une assemblée constituante capable d’aboutir à un renouveau sous le signe d’une Refondation acceptée par tous. Les contestataires comme les personnes de bonne foi sont unanimes pour admettre que la seule voie qui pourrait mener vers une « Réconciliation nationale légitime »   doit passer par un référendum qui n’exclut aucune des institutions existantes. Un raccourci extra-constitution ne sera qu’une porte ouverte à un désordre sociopolitique ingérable. Et puis rebelote et rebonjour les troubles systémiques cycliques. Ce n’est pas avec les convictions rétrogrades énoncées par un Thierry Rakotonarivo, en service au ministère de l’Intérieur dans le temps (mêlé à un octroi de marché public douteux pour l’importation d’appareils photos à utiliser pour les cartes d’identité) qu’on pourra relever le pays du désastre actuel. Cet administrateur civil très ambitieux (actuellement casé au Ceni à Alarobia ?)   fait une fixation obsédée sur les habituelles manipulations électorales avec utilisation de notables comme «mpiadidy » ou chefs de quartier corvéables à merci pour résoudre les problèmes de l’insécurité à la base dans les Fokontany. C’est le moment ou jamais de responsabiliser les citoyens dans chaque localité au lieu de les soumettre à la domination administrative perverse de responsables coupés des réalités locales. Ce n’est pas avec les congrès bidons organisés à la va-vite du HVM qu’il pourra remonter en selle! Et si le président Hery Rajaonarimampianina est réellement l’homme d’Etat qu’il veut faire croire malgré les défaillances de son entourage d’amateurs, il n’a point d’autres alternatives que de respecter sa parole parce qu’il avait déclaré le 24 janvier 2014 « En ce jour historique, je ressens le poids de la responsabilité de la fonction présidentielle, mais je m’y suis préparé. Le Président de la République est l’ultime recours vers lequel vous êtes en droit de vous tourner. Et, pour cela, je serai un Président disponible et à l’écoute. La responsabilité du Président de la République ne ressemble à aucune autre. Elle est exclusivement construite sur les exigences : l’exigence de rassembler les Malgaches. Notre pays ne sera fort qu’en étant uni. » Sinon, il peut aller se rhabiller pour rejoindre les loosers fameux comme Marc Ravalomanana et ses semblables…