Edito: Revenus des ménages, situation de plus en plus critique !
Au début de l’année, lors de la traditionnelle présentation de vœux, le discours du Président de la République a été marqué par la hausse de 7 % du salaire des fonctionnaires. Malheureusement, cette augmentation n’est pas destinée à l’ensemble de la population. La situation est d’ailleurs encore pire qu’il n’y paraît. Pour cause, le début d’une hausse généralisée des prix. Avec un salaire minimum fixé à cent quarante mille ariary, on se demande comment les Malgaches vont-ils réussir à survivre plus longtemps.
Pour tout citoyen malagasy ayant un minimum de patriotisme, le mois de juin est censé celui de la fête. Les célébrations ne manquent d’ailleurs pas, à commencer par la fête de la musique, qui animera les grandes villes du pays, et bien entendu celle de l’indépendance. Si la population est léthargique en cette période de fête, ce n’est pas uniquement pour le plaisir d’aller contre la volonté du Président de la République qui dans la plupart de ses discours a demandé de faire preuve de patriotisme. A la veille de la plupart des examens officiels, c’est avec un grand désarroi que les foyers ont constaté une hausse des produits de première nécessité. Le kilo de sucre, par exemple, a connu une hausse de 700 ariary depuis le mois d’avril. Une inflation également constatée sur les produits tels que la farine, l’huile alimentaire et bien entendu le riz. Dans une période où le patriotisme est de rigueur, il semble bien évident que très peu de Malgaches auront l’enthousiasme pour célébrer la fête du patriotisme : l’indépendance du pays.
Y-a-t-il encore des personnes qui pensent réellement au bien-être du peuple à la tête de ce pays ? La question demeure. Alors même que cette hausse des prix était prévisible, aucune mesure n’a été prise pour l’anticiper. Le régime actuel a jugé plus important de procéder à l’émission de nouvelles valeurs monétaires, ou encore à réclamer l’Etat de droit alors même que la population meurt à petit feu. Pour de nombreux observateurs, notamment Henri Lenou, président de la défense des consommateurs, cette hausse des prix n’est en aucun cas dû à une pénurie mais plutôt à une rétention de stock. Sur quelle base se permettent-ils de réclamer l’Etat de droit quand la loi sur la protection des consommateurs ou encore celle sur la concurrence n’est même pas respectée ? A cette allure, la fête de l’indépendance deviendra de plus en plus sélective et ne sera célébrée que par ceux qui en ont les moyens.
Le mois de juin est bien arrivé, et comme en démontre l’éclairage longue portée procuré par le palais de Manjakamiadana, l’heure est à la fête. Dans le but de positiver un peu les choses, cette période sera marquée par l’arrêt – temporaire – du délestage, en attendant la fin des fêtes. Lumière ou pas, on est en droit de se demander : que feront-ils quand la population sera vraiment morte de faim ?
Johan R.