Mauvaise gouvernance: Ces scandales inoubliables des années Ravalomanana
Qui a dit déjà qu’il ne faut pas se laisser berner par l’arbre que représente l’affaire Claudine Razaimamonjy et oublier la forêt de turpitudes, d’exercices arbitraires des prérogatives étatiques, vols et abus d’utilisation des deniers de l’Etat (pas encore frappés de délais de prescription) ? La période qui va de l’an 2002 à 2013 a été plus que fertile en matière de mauvaise gouvernance et de violations fréquentes et flagrantes des règles d’orthodoxie financière. Après aussi bien entendu… Le plus préoccupant pour le commun des mortels, c’est de constater qu’aucune mesure ne semble avoir été envisagée officiellement pour sévir.
C’est comme si une volonté d’amnistier de manière tacite a été observée, dans l’espoir peut-être que les dirigeants successifs se fassent des fleurs par reconduction tacite de cette inacceptable impunité. En république, des oublis volontaires de cette gravité s’apparentent à une complicité coupable de dissimulation de délits. Qui oserait affirmer au jour d’aujourd’hui que les services de contrôles des gestions des Finances Publiques ne furent pas au courant de cette soustraction frauduleuse des deniers de l’Etat à l’agence de la Banque Centrale de Madagascar à Manakara ? Certes, il y avait un début de poursuite à l’endroit de quelques boucs émissaires, mais était-ce suffisant pour qu’on entoure l’auteur principal de ces attentions qui vont de l’absence de détermination en vue de poursuivre le suspect jusqu’à l’omission de toutes tentatives de vouloir conduire ce dernier un juge ? Le responsable de ce hold-up interne est en séjour ou plutôt en cavale à l’étranger ? Est-ce que la justice est réellement dépourvue de l’arsenal judiciaire nécessaire pour lancer un mandat d’arrêt international ou serait-ce parce que l’intéressé bénéficie de la notoriété prestigieuse de sa famille au point se croire à l’abri des lois de ce pays ? Il ne s’agit point là d’un cas d’école digne d’être pris en considération, mais toujours est-il que le fait de savoir qu’un fonctionnaire de la république puisse narguer de la sorte les juges ne manquent pas d’étonner…Surtout qu’il ne s’agit pas d’un cas isolé…
Par la force des choses illégales et extraconstitutionnelles, la présence de l’industriel devenu président de la république aux commandes des affaires de l’Etat, fourmillent de mille et une actions délibérément contraires aux prescriptions légales. Commis en solo ou avec l’aide de ses Tiko-boys placés dans toutes les administrations, les actes punissables par la loi ne sont sûrement pas inconnus des responsables de haut niveau habilités à ordonner des enquêtes en vue de conduire les auteurs devant les tribunaux. Le plus flagrant a été l’achat de jet Boeing pour la « somme de 60 millions de dollars » pompée dans des conditions si obscures que le ministre concerné était très gêné pour s’en expliquer. On se demande toujours, quelles furent les démarches déjà entamées pour la suite à donner à ce véritable mépris des normes d’utilisation des finances publiques ? Un passage en coup de vent à l’Hôtel Carlton hier pour constater de visu l’existence des divers « ORGANES DE CONTROLE DES FINANCES PUBLIQUES » aurait permis à n’importe qui de comprendre pourquoi tout va de travers dans le pays. Il n’est pas possible de procéder à des contrôles sérieux des deniers de l’Etat lorsqu’on a affaire à un aussi grand nombre de services tous chargés selon leurs attributions respectives de tendre vers un seul objectif principal qui est l’assainissement de la gestion financière du pays. Le système de la centralisation excessive aidant (même s’il existe des services rattachés en périphérie), la pléthore de fonctionnaires destinés à un foisonnement de missions ne peut logiquement que léser le bon fonctionnement des services attendus. Le gigantisme bureaucratique du ministère des Finances et du Budget n’est pas un vain mot. Et ce n’est pas pour rien que les mauvaises langues n’hésitent pas à affirmer que si les coups les plus incroyables ont pu avoir lieu au profit des combines qui rapportent très gros, c’est justement à cause de cette multitude de tamis qui en fin de compte facilitent les dérapages administratifs. Pas plus tard que vers le début de cette année, les observateurs faisaient état de ces recrutements de complaisance par le biais des postes budgétaires dit disponibles (pour les grands malins qui monnayent leur bienveillance par clientélisme politique ou tout simplement par cupidité. Le nom d’une dame, haut responsable figure même dans la liste de ces décideurs qui font la pluie et le beau temps en matière de recrutements pas très clairs. Certains disent même que ce super ministère fonctionne avec des privilèges d’un Etat dans l’Etat. « La Principauté d’Antaninarenina », comme ils disent avec une ironie arrogante quelques agents de l’Etat très favorisés par des primes multiples…Une importance stratégique pour tout détenteur du pouvoir qui en a l’entière maîtrise. C’est justement la raison pour laquelle, en voulant revenir au pouvoir, Marc Ravalomanana tient mordicus à réussir un come back pour assouvir sa soif de pouvoir et profiter des deniers de la république pour étoffer ses affaires personnelles. Puis de nouveau « ce sera la porte ouverte à tous les abus financiers effectués sur le dos de la Nation même » comme l’avait prédit Jeannot Ramambazafy.
N. Razafilahy