Le poing: Elle et son fric …
Fête des pères ? Mon œil ! Qu’on bannisse de notre vocabulaire, le terme fête. Déjà, lors de la fête de mères, les papas ont eu tout le mal du monde à satisfaire les mamans. Quant aux pères, ils n’ont qu’à se tenir tranquille, y a pas de cadeaux pour eux. Car la crise, qui ne cesse d’empirer, empêche les mères et les enfants d’offrir pour l’occasion une cravate, une pipe, des boutons de manchette, des chocolats, etc., des présents classiques, aux pères de famille. Tout au plus, les mamans ont le devoir d’acheter un gâteau de chez La Potinière, Carlton ou Jumbo Score : ce qui n’est d’ailleurs pas donné.
Concernant les familles ordinaires, les classes moyennes, pour le repas de demain, un simple « ravintoto » au porc, par exemple, fera largement l’affaire. Bref, un repas dominical frugal que beaucoup répugnent à voir trôner sur leur table, mais que 80 % des Malgaches doivent supporter… En tout cas, manger deux ou trois fois par semaine est devenu une question de vie ou mort, même pour Claudine, incarcérée, aujourd’hui, dans une cellule trois étoiles.
Claudine justement, mais qui est exactement cette dame qui fait l’objet de tant de fantasme de la part de ses partisans et aussi de ses détracteurs ? On dit qu’elle détient des milliards d’ariary, et si elle actuellement transférée à Manjakandriana, c’est pour mieux protéger, elle et son fric, apprend-on. Certains tentent, selon son entourage, d’utiliser ses faiblesses et ses carences pour lui soutirer de l’argent : on dit qu’elle est illettrée et aurait même quelques difficultés à remplir un… chèque. Aussi, quelques-uns de ses « amis », profiteraient-ils pour se remplir les poches. Toutefois, la dame semble tenir bon !
Par ailleurs, à huit jours de la fête nationale, rien de croustillant, ni de concret ne sont prévus pour égayer les Tananariviens. Ceux-ci doivent se contenter des pétards qu’ils souhaitent jeter à la tête de leur maire, de leurs députés – qu’on se le dise, Tana a aussi des députés mais qui ne foutent absolument rien pour la capitale et ses habitants. Dans tous les cas, la fête du 26-Juin n’est plus ce qu’elle était. Et nous aussi.
Dans tous les cas, les pays est condamné à se serrer la ceinture. Mais pas trop fort, SVP ! Depuis pratiquement 1975, les Malgaches – ce qu’il en reste – vivotent. N’accablons, à ce sujet, l’amiral Ratsiraka et consorts, car la population détient aussi une part de responsabilités dans cette descente aux enfers. Cette fois, j’ai envie de faire un doux déballage. En effet, vers le début des années 90, Didier Ratsiraka m’a demandé de venir à Iavoloha pour un entretien qui ne demande pas être publié dans notre journal de l’époque. Pour ce faire, il a prié son ministre, Azaly Ben Marouf, pour me conduire à son palais, arguant que je suis un ingrat, car je faisais partie de la délégation présidentielle lors, notamment, de ses déplacements à Paris. Arrivé dans son bureau, le Président a reconnu son erreur : « Excusez-moi, certains de mes conseillers ont menti, affirmant que j’étais dans l’avion présidentiel, alors c’était un leurs proches qui en profitait… » L’amiral est toujours là pour confirmer ou démentir mes propos. Ce n’est qu’une anecdote parmi tant d’autres, dans la vie d’un modeste journaliste.
Franck Raharison