Santé et éducation: Les ministres ignorent le mea culpa

Quand des élèves d’une EPP de Tuléar, de l’EPP d’Anketa tombent malades après avoir pris du vermifuge distribué et imposé à l’école et que les ministres aussi bien de la santé que de l’éducation nationale trouvent des explications pour se justifier et pour dire ” ce n’est pas ma faute” on ne peut qu’attendre le jour où ils ne seront plus ministres et redeviendront des quelconque quidam. Tout a été avancé comme explication avec beaucoup d’à peu près :

ils n’avaient pas mangé, finalement ils avaient tous mangé à la cantine scolaire, chaque corps réagit différemment face aux médicaments qui sont des produits chimiques, ce sont les petits pois à l’huile qui n’étaient pas bons, le médicament n’était pas périmé… mais aucun, absolument aucun n’a dit “mea culpa”.

Décision a été prise de suspendre la distribution de vermifuge même si ce n’est pas le vermifuge qui était la source des malaises des élèves…Si le vermifuge n’est pas la source des malaises, il ne fallait pas arrêter! C’est bien parce qu’on est dans l’à peu près, on se rend compte que même s’ils ont voulu minimiser, plus d’une cinquantaine d’enfants malades ce n’est pas rien et une fois de plus, les leurs-leurs enfants n’étaient pas concernés alors ils minimisent.

La question de santé publique et surtout de santé scolaire n’est pas à prendre à la légère. On ne distribue pas et on n’impose pas la prise de médicaments à l’école ni les vaccins à l’école sans explication, sans sensibilisation et sans s’assurer de tout ce qui peut graviter autour de la prise de médicament à savoir le régime alimentaire, les allergies, les effets secondaires. À quoi servent au fond les centres de santé si les parents ne peuvent pas emmener leurs enfants, prendre le temps d’échanger avec le professionnel de santé, apprendre les éventuels effets indésirables du médicament, se laisser convaincre des bienfaits des médicaments ou des vaccins…que les parents soient respectés et aient droit à l’information ?

Non, tous ces ” responsables” sont tellement intelligents, beaucoup plus intelligents que les parents…normal le ministre de la santé est un grand professeur dans les universités et le ministre de l’éducation est un assistant dans les universités sauf que aussi intelligents qu’ils soient et aussi diplômés qu’ils soient ils auraient du considérer comme utile et nécessaire de parler aux parents, de permettre aux parents de comprendre les tenants et aboutissants de ces opérations, et éviter qu’aujourd’hui les vermifuges aient désormais mauvaise presse!

Dire que peut être les enfants n’avaient pas mangé, c’est reconnaître qu’il y a au moins 70 familles dans une commune urbaine de Tuléar qui ne mangent pas puisque si les élèves ne mangent pas à plus forte raison les parents et ce sont déjà des familles qui ne mangent pas! Dire par la suite qu’ils ont en fait mangé dans les cantines scolaires c’est dire que la nourriture donnée dans les cantines scolaires ne seraient pas aux normes, des cantines qui ne fonctionnent même pas grâce à l’Etat mais grâce aux partenaires techniques et financiers car l’Etat est occupé à autre chose ou l’argent de l’Etat est parti pour le bien-être des dirigeants. Dire par la suite que “seuls” une cinquantaine d’enfants sur deux cent sont tombés malades c’est du pur mépris!

Un enfant malade est un enfant malade, un enfant malade équivaut à des angoisses pour les parents, un enfant malade équivaut à des nuits blanches pour les parents, un enfant malade c’est des soins et des dépenses que l’on aurait pu éviter pour les parents, un enfant malade c’est la peur de perdre son enfant pour les parents…et un enfant malade après avoir été à l’école lors d’une campagne de distribution de vermifuge c’est un parent qui en parle autour de lui et de sa famille et qui désormais non seulement ne donnera pas ce médicament à son enfant mais en plus risque d’enlever son enfant de l’école le jour de distribution de vermifuge…parce que les responsables ne lui demandent pas son avis, ne lui expliquent rien et font leur diktat lequel diktat n’est pas imposé à leurs propres enfants.

Voici ce qui s’est passé à Anketa, à Tulear, en ville…que se passe-t-il donc dans les bleds perdus, dans ces écoles éloignées où le ministre Rabary fait des descentes, fier d’accomplir son rôle de ministre proche du peuple, mais ne se demande pas quelle est la probabilité pour que ces élèves perdus au fin fond de Madagascar, dans ces endroits difficiles d’accès puissent un jour avoir accès aux études supérieures? Et donc quelle est la probabilité pour que ces élèves futurs parents un jour puissent avoir confiance aux programmes de santé publique et distribution de médicaments dans les écoles? Dans tous les cas, on retiendra que ” nous nous excusons”, ” nous avons eu tort”, le mea culpa est banni de leurs vocabulaires. Et rien que pour cela, ces ” responsables” sont juste indignes!

Anais T.

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