Document de Développement Économique: Les causes profondes de la pauvreté décrites

Le Document de Développement Économique (DDE) décrit la stratégie adoptée par le Gouvernement pour renverser la tendance observée au cours des dernières années, caractérisée par la performance modérée de l’économie, la détérioration des conditions sociales et la persistance de la pauvreté.

La stratégie s’attaque aux causes profondes de la pauvreté, préalablement mises en évidence dans le présent document : performance économique modérée depuis plusieurs décennies ; inclusivité réduite de la croissance économique ; prédominance de l’économie de subsistance au détriment de l’économie de l’accumulation du fait de l’enclavement des zones de production ; problèmes fonciers et détérioration des infrastructures hydro-agricoles ; dualisme économique, cause de la désarticulation de l’économie ; persistance de l’inflation et effritement du pouvoir d’achats ; couverture réduite du système de protection sociale ; dysfonctionnement du système financier, réduisant l’accès au financement ; problèmes persistants de gouvernance ; infrastructure d’assainissement peu développé ; impacts négatifs du changement climatique ; crise politique à répétition, etc.

La stratégie adopte une démarche incluant des approches macroéconomique, sectorielle et structurelle ayant des incidences positives directes sur la réduction de la pauvreté.

1. La politique budgétaire a pour objectif principal l’augmentation des recettes et la rationalisation des dépenses budgétaires dans la perspective de créer des marges confortables pour le financement des dépenses prioritaires, en l’occurrence les dépenses sociales et d’infrastructure.

L’accent est mis d’une part, sur l’élargissement de l’assiette fiscale, la poursuite de la réforme de l’administration fiscale et douanière, et d’autre part, sur l’élimination des causes de l’inefficience des dépenses publiques et du sous financement des caisses de retraite et des pensions, la réforme en perspective des Établissements Publics Nationaux.

2. Est assignée à la politique monétaire, la régulation de la liquidité intérieure de manière à normaliser l’évolution des activités économiques et à atteindre les objectifs d’inflation établis à moins de 10,0%. La politique est essentiellement basée sur le ciblage des agrégats monétaires, essentiellement à travers les instruments indirects tels que les Appels d’Offre Négatifs (AON) et les Appels d’offres Positifs (AOP).

Le régime de change est basé sur le libre flottement de la monnaie locale sur le marché en continu. Le cadre analytique de la politique monétaire (analyse des résultats et d’impacts) sera amélioré à travers l’enrichissement du modèle de prévision ; un système de communication sera mis en place à la Banky Foiben’i Madagasikara (BFM) pour la vulgarisation des effets et impacts de la politique.

3. Le système financier est peu développé. La performance du secteur bancaire est le fait de sa frilosité, l’amenant à pratiquer des sélections rudes de la clientèle, se limiter à des produits sûrs et rentables, s’abstenir à toutes opérations risquées comme le financement à moyen et long termes.

Néanmoins, il doit faire face à des défis liés aux impératifs du développement : concurrence au sein du secteur ; diversification des produits financiers et accès élargi des agents économiques, notamment les PME ; protection de la clientèle ; résilience du secteur.

4. La politique agricole est axée sur la poursuite de la réforme foncière, la pratique de l’agriculture intensive et extensive, l’entretien et la réhabilitation des infrastructures hydro-agricoles et l’intensification du soutien technique et financier aux centres de formation et de recherches sur l’agriculture.

5. S’agissant des secteurs sociaux (santé, éducation), l’accent sera mis sur la qualité et l’amélioration de l’accès aux services éducatifs et sanitaires. Les principaux enjeux consistent pour l’éducation à accroître la scolarisation parallèlement à l’amélioration et l’extension des infrastructures éducatives ainsi qu’au relèvement de la qualité des enseignants, tandis que pour la santé, l’élargissement et universalisation de la couverture sanitaire.

6. Le système de protection sociale sera élargi aux secteurs sociaux ainsi qu’aux agriculteurs vulnérables pour améliorer leur résilience face aux catastrophes naturelles.

7. Les taux de desserte en eau potable et d’accès à l’infrastructure d’assainissement sont faibles, n’atteignant pas la moitié de la population en 2015 et ce, à cause de l’insuffisance des investissements face à la pression démographique. Les initiatives locales, propulsées par les actions de sensibilisation, doivent être couplées avec les efforts de mobilisation de ressources.

8. La dégradation des infrastructures de communication et de transports par voie de surface est quasiment généralisée et se manifeste par la diminution du nombre de Communes accessibles tout au long de l’année. La stratégie est axée sur le désenclavement des zones de production potentielle, notamment la réhabilitation des pistes rurales à travers le rétablissement de la capacité de financement du Fonds d’Entretien Routier (FER).

9. La politique énergétique inclut la poursuite de la réforme de la JIRAMA et le basculement progressif vers les énergies renouvelables : énergie hydraulique, éolienne, solaire, de biomasse. La stratégie de basculement est à dominante fiscale.

10. Pour ce qui est de la résilience aux risques de catastrophes naturelles, la stratégie est orientée dans trois directions : renforcement de capacité de la communauté de base ainsi que du Bureau National pour la Gestion des Risques et Catastrophes (BNRGC), développement du système d’alerte précoce, mise en place des mécanismes financiers pour répondre aux urgences.

11. La gouvernance et le renforcement des institutions misent sur la lutte contre la corruption avec la promulgation de la loi anti-corruption, le projet de loi sur le recouvrement des avoirs illicites ainsi que la mise en place en perspective des structures organisationnelle y afférentes : Pôle Anti- Corruption (PAC), Organe en charge du recouvrement des avoirs illicites.

Ont servi à l’élaboration du DDE : les politiques sectorielles des Ministères, les études sectorielles des partenaires au développement, notamment le Diagnostic Systématique de Pays de la Banque mondiale et le Bilan Commun des Pays du PNUD, les enquêtes de l’INSTAT sur les OMD, la matrice liée à la

Facilité Elargie de Crédit, le rapport stratégique et le rapport économique et financier du Ministère de l’Economie et du Plan, etc.

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