Pas de pain mais seulement des jeux de vilains

A la veille des festivités du 26 juin, le régime est tourmenté par les agitations syndicales, les contestations politiciennes de tous bords et les interpellations des protecteurs de la biodiversité. Une vague d’effervescences qui, à priori ne semblent inquiéter personne, ronge tout de même cette assurance de façade que le pouvoir est bien obligé d’afficher pour donner l’air de tenir les rênnes du pays bien en main. Pendant les quelques jours qui séparent de la grande parade militaire de cette année, les dirigeants ont mis le paquet et les grands moyens financiers pour jeter de la poudre aux yeux de la population. Ils ont tenu à donner à celle-ci l’illusion de vivre dans la joie et le bonheur avec les feux d’artifice, loin des soucis quotidiens d’une paupérisation qu’on n’arrive plus à dissimuler. Sans toutefois réussir à éloigner les nuages noirs d’un écœurement persistant à l’endroit d’une mauvaise gouvernance qui n’a que trop duré…

Tout ragaillardi d’avoir échappé de justesse à la déferlante affaire Claudine programmée par ses détracteurs et destinée à briser son élan vers une succession à sa propre personne, le président de la République n’arrête de courir le monde, par monts par vaux pour rattraper le temps perdu. Après la Chine, l’Europe, au pays de Jacob Zuma par exemple il a voulu «manifester leur confiance réciproque et leur volonté commune de renforcer la coopération entre l’Afrique du Sud et Madagascar. » Sa détermination à vouloir montrer qu’il a finalement conscience et compris « le poids de la responsabilité de la fonction présidentielle… » l’oblige à chercher d’un continent à l’autre ces alliances de la dernière chance pour « faire table rase des pratiques du passé » afin de viser l’efficacité.

(…) et aussi pour « construire les conditions du Renouveau et d’un Progrès partagér par tous. (…) rétablir la confiance dans l’Etat, qui passe par la restauration de l’autorité de l’Etat. Elle s’appuiera sur un socle fondamental constitué des trois piliers de notre programme : la Sécurité, la Justice et la Lutte contre la Corruption. » Mais le fondateur du parti HVM cet épouvantail aux pieds d’argile peut-il encore accomplir un rétablissement ? Il n’est jamais trop tard pour le bien a-t-on coutume de dire, mais comment et avec quoi ? Déjà dans le paysage politique de l’île, contre lui, c’est l’unanimité de fait à cause d’une succession de malentendus et paroles non tenues. Et puis il y avait cette dynamite judiciaire à mèche lente que quelque part on avait tenté de faire exploser sous ses pieds. C’est de justesse qu’il avait échappé aux pièges de ce dossier pourri qui ne manquera pas d’éclabousser le Premier ministre et peut-être bien tout le gouvernement par les jeux de vilains engagements financiers. Parce que quoi qu’on dise à propos des privilèges de rang et le caractère inopérant d’une Haute Cour de Justice encore mal composée, il faut bien reconnaître que quelque part quelqu’un tient tout ce beau monde par le cou… pour ne pas être vulgaire au point de descendre au dessous de la ceinture.

Selon les scientifiques :

« Même si Madagascar est riche en biodiversité, cette biodiversité commence vraiment à se dégrader, à se perdre ». il y a 60 ans, les forêts primaires couvraient près de 30% de la Grande Ile. Aujourd’hui, seuls 12% ont survécu aux activités humaines. Une réalité alarmante qui inquiète les chercheurs. A l’image de la nature, pour le premier président de la 4ème République, une question cruciale se pose : comment peut-il encore sauvegarder ce qui lui reste de crédibilité vis-à-vis des habitants de cette île face à un forcené avide de pouvoir pour le pouvoir   uniquement animé par la nostalgie de « tous les abus financiers effectués sur le dos de la Nation même » . Comme les mouches (excusez la comparaison) l’opinion et l’électorat, on les attrape avec du miel, pas avec du vinaigre. Ce miel qui fait tant défaut dans la conduite actuelle des affaires de l’Etat, il ne tient qu’au président de le déverser à flot sur cette population qui ne demande qu’à « voir ses conditions de vie s’améliorer pour, enfin, croire dans son futur.» Sauf bien entendu, si pour des raisons bassement intéressées et d’une fourberie inimaginable, le président Hery avait accepté de s’avilir au point de faire le lit d’un Marc Ravalomanana…

Commentaires   

-1 #1 loupiy 20-06-2017 11:57
Rajao fait le lit de Ra8, je ne serais point étonné si Rajao va soutenir Ra8…. ce n’est pas pour rien si Ra8 n’ose pas trop bousculer Rajao en ce moment !
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