Système financier : dominé par le secteur bancaire
Le système financier malgache est peu développé et dominé par le secteur bancaire qui représente près de 95,0% des actifs du système. Les institutions financières non bancaires et de microfinance viennent respectivement au second et au troisième rang. Les banques sont les seules acteurs du marché de change et les principales souscriptrices des titres publics. Quatre grandes banques dominent le secteur bancaire en détenant 88,4% des dépôts, 86,2% des créances et 86,1% du total des actifs bancaires.
Leurs produits ne sont pas suffisamment diversifiés et s’adressent à une clientèle constituée principalement par de grandes entreprises.
Plus rapporte le Document de Développement Économique (DDE) l’accès aux services financiers reste très limité au même titre que l’offre des produits financiers.
L’encours des prêts par rapport au PIB est en moyenne de 8,0%, taux à comparer à celui de 17,2% en Afrique subsaharienne ou de 60,0% en île Maurice. Les prêts bancaires ne concernent que moins de 7,8% de la population de plus de 15 ans.
Les taux d’intérêt sont élevés, en moyenne de 14,9% pour un prêt de trois ans et ce, du fait de l’absence d’une concurrence entre les banques et probablement de l’inclusion d’une prime de risque dans les taux qu’elles pratiquent.
Les banques ont en général une structure de financement à court terme. Les crédits à court terme représentent en moyenne 55,0% de l’encours de crédits contre 45,0% pour les crédits à moyen et à long termes.
La performance du secteur bancaire est liée à sa frilosité. Néanmoins, il doit faire face à des défis liés aux impératifs du développement : concurrence au sein du secteur ; diversification des produitsfinanciers et accès élargi des agents économiques, notamment les petites et moyennes entreprises, au financement bancaire ; protection de la clientèle ; résilience du secteur.
Aussi, selon toujours le même DDE la stratégie de stabilité, de développement et de résilience du système financier s’appuie-t-elle sur : l’amélioration du cadre de supervision, incluant des dispositions légales et réglementaires rénovées garantissant l’indépendance de l’organe en charge de la supervision, définissant l’étendue du pouvoir correctif et de sanction de l’organe ainsi que la résolution des établissements financiers en difficulté ; – l’intensification des activités de contrôle sur place et sur pièces et l’identification des indicateurs de stabilité du système, issus des règles prudentielles améliorées ; – l’accroissement de l’effectif du personnel de l’organe de supervision, le renforcement de capacité du personnel et la dotation de l’organe en ressources appropriées ; – le raffermissement des relations de coopération et d’échanges avec les organes de supervision des pays d’origine des banques.
La nécessité de développer le marché financier (y compris le marché interbancaire, de change, des titres publics) pour améliorer le fonctionnement du système et le mécanisme de transmission de la politique monétaire, puis rétablir la confiance via l’amélioration de la communication entre la Banque Centrale, les intervenants du marché et le public, l’assouplissement des conditions d’accès au financement par : – la conduite d’une politique monétaire plus appropriée, basée sur la relation entre le taux directeur de la BFM et le mécanisme de formation des taux de base bancaires ; – le développement de la concurrence à travers la promotion de la création des établissements et des agences, surtout en milieu rural pour réduire les coûts de la liquidité ; – la finalisation du projet de loi sur la monnaie électronique et l’élaboration des textes d’application, le développement des réseaux mobiles et des transactions par téléphone mobile afin de favoriser la concurrence entre les services financiers ; ce qui pourrait se traduire d’une part, par des services moins coûteux et plus accessibles pour la clientèle, notamment les particuliers et les PME et d’autre part, par le développement du processus d’inclusion financière ; l’amélioration des infrastructures financières par la disposition de larges informations sur la clientèle en tant que facteur de réduction de risques et d’accès plus facile au financement, surtout pour les ménages et petites et moyennes entreprises à surface financière limitée ; soutien à l’initiative existante (centrale de risques opérationnelle) ; amélioration des agences d’évaluation de crédits existantes pour évaluer la qualité des crédits et les risques qu’ils exposent à l’économie ou étude sur l’opportunité de la mise en place d’autres agences. La mise en place en perspective du bureau de crédit (autrement appelé crédit bureau) dont la mission consiste à centraliser les antécédents de crédits des particuliers pour permettre aux établissements financiers de les utiliser à des fins d’optimisation de l’octroi de crédits et de minimisation de risques ; ainsi que l’identification et le développement des produits et services financiers adaptés aux conditions des ménages et des PME : incitation des prestataires des services financiers en élargissant le champ couvert par les fonds de garantie ; renforcement de capacité des PME au moins pour produire des comptabilités allégées mais valables ou des rapports qui permettent de suivre l’évolution de leurs activités ; et la possibilité par les entreprises d’émettre des titres obligataires en tant que reconnaissance de dette pour l’émetteur et de créances pour le souscripteur, figurent aussi dans cette stratégie.