Approche des fêtes de l’Indépendance: Engin explosif en vente libre

Comme chaque année, la saison des fêtes de l’indépendance est marquée par plusieurs types de festivités, notamment les kermesses en centre-ville, les grands marchés régionaux, les différents types de braderies et autres solderies, mais surtout les « pétards ». Quelques années auparavant, les pétards étaient des jouets inoffensifs comprenant une tige et une mèche. Au fil des années, les fabricants ont « perfectionné » leur travail et nous sommes aujourd’hui à l’ère où les pétards sont plus puissants que jamais. Interdite « théoriquement » par les autorités, la vente des pétards ne devrait plus se faire si on se fie aux annonces et autres communiquées de la part de ces derniers. Cependant, la vente de ces derniers se fait de la manière la plus visible. Effectivement, les principaux fournisseurs de pétards et autres engins explosifs censés amuser les enfants se trouvent à quelques mètres du commissariat central de la police à Tsaralalàna.

Il y a de cela quelques années, le pétard le plus puissant qu’on pouvait trouver sur les étals se vendait à 50 ariary l’unité. On l’appelait le « mena be » ou « pétard amin’ilay dimampolo ». Par sa petite taille, comparée à ceux d’aujourd’hui, il était déjà assez puissant pour détruire l’ouïe ou blessé ceux qui était trop prêt de l’explosion. Actuellement, on peut trouver des pétards à 3.000 ariary l’unité. Ces derniers mesurent environ 15 centimètres de longueur pour 1,5 centimètre de diamètre. Ce sont de véritables dynamites. Ceux qu’on vendait 50 ariary à l’époque se vendent actuellement à 100 ariary. En dehors des pétards conventionnels, on trouve également d’autres formes d’engins explosifs encore plus dangereux comme les pétards attachés à une sorte d’hélice qui le projette très loin avant d’exploser. Ce dernier peut atterrir n’importe où et même sur la tête des gens. Il y a également les feux d’artifice pour les amateurs. Ces derniers sont énormes et explosent comme ceux qu’on trouve normalement au-dessus du Lac Anosy le 25 juin. Les gens les achètent entre 30.000 et 150.000 ariary selon la taille et les font décoller depuis leurs jardins ou dans la rue. Si ces engins sont réservés aux professionnels et seulement au-dessus d’un lac, c’est à cause du risque d’incendie et de blessure qu’ils peuvent générer. Et pourtant, ils sont actuellement en vente au grand public. La plupart de ces engins sont si énormes qu’on croirait voire un missile. Certains feux d’artifice projettent des balles plus de 50 fois non-stop.

Vendus sous différentes formes, ces engins explosifs sont plus dangereux que jamais. Malgré les déclarations sans actions émanant de plusieurs entités censées assurer la sécurité publique, on constate que ces engins sont en vente libre partout dans la capitale. Il n’y a même pas de restriction d’âge pour ceux qui les achètent. Pour cette année, il ne serait pas étonnant qu’un attentat à la bombe soit au rendez-vous car les ingrédients et les bombes toutes faites sont vendues comme des petits pains sur le marché.

T.Berado