Economie: La désarticulation

La désarticulation de l’économie se constate depuis de longue date du fait du dualisme économique persistant caractérisé par la coexistence d’un secteur traditionnel replié sur lui-même et d’un secteur moderne généralement tourné vers l’extérieur. L’agriculture s’intègre mal dans le reste du système économique, notamment l’industrie en s’exposant à deux facteurs essentiels de pauvreté : la privation des effets de la croissance transmise d’une part, la dévalorisation des produits agricoles et la baisse des revenus des paysans producteurs directs d’autre part. La situation est aggravée par l’instabilité des cours des produits de base et des matières premières sur le marché international.

Les industries de transformation existantes se concentrent dans l’agrolimentaire. Elles se répartissent dans les filières boisson, sucre/minoterie/féculerie et halieutique pour quelques unités franches, dont la part dans la valeur ajoutée de l’agroalimentaire est respectivement de 34,0%, 28,0% et 17,0%. Sur une longue période, la part de l’agroalimentaire dans la valeur ajoutée industrielle est en constante baisse, passant en moyenne de 23,0% entre 1985-1999 à 18,0% au cours de la période 2006-2013 à cause du déclin des unités de production sucrière.

En fait, indique le DDE, les équipements qu’utilise l’agroalimentaire est vétuste face à la disponibilité des matières premières d’origine locale.

Les dispositions légales relatives au régime de zone franche prévoient des avantages particuliers pour les entreprises qui se lancent dans la valorisation des matières premières d’origine locale.

Toutefois, la composante importation des matières utilisées par les entreprises est de 75,0% du total de leurs importations de matières premières ; ce qui éloigne celle des entreprises de droit commun (51,0%) et de l’ensemble des entreprises exportatrices (53,0%).

Les petites et moyennes entreprises (PME), d’après toujours la même source, généralement à faible intensité de capital, devaient combler le déficit en matière de transformation des produits d’origine primaire. Lesdites entreprises ne disposent pas suffisamment de capitaux pour investir en vue de l’élargissement de leur champ d’activités et de création d’emplois. Le recours à l’emprunt s’impose, mais se heurte à divers problèmes quasiment structurels : exigence de garanties par les banques, taux d’intérêts élevés, incapacité des opérateurs à monter des dossiers éligibles au financement bancaire. De ce fait, les PME préfèrent se ramener aux institutions de microfinance dans l’espoir de bénéficier des financements à des conditions plus assouplies.

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