Enclavement: Un facteur de dysfonctionnement

L’enclavement est un facteur de dysfonctionnement du marché en provoquant une situation de pénurie temporaire ou prolongée en milieu urbain. Il entretient un climat permanent d’appauvrissement des paysans producteurs directs et des consommateurs urbains via la dévalorisation des produits agricoles et l’effritement du pouvoir d’achats associé à l’inflation. Il favorise également l’économie de subsistance faute de débouchés pour les produits, situation susceptible de générer un déséquilibre macroéconomique grave de par ses incidences négatives sur la production, les importations et les réserves extérieures de change.

Dans cet environnement, les informations publiées dans le Document de Développement Économique (DDE) mentionnent que l’insuffisance des travaux d’entretien des infrastructures de communication et le non respect de la charge à l’essieu nuisent au développement des échanges commerciaux et à la libre circulation des personnes. De nombreuses zones de production demeurent enclavées car l’état des infrastructures routières est délabré : l’accès aux écoles et aux centres de soins sanitaires est difficile ainsi que l’acheminement des intrants et la sortie des productions en pénalisant le secteur agricole.

Les marges excessives des transporteurs, du fait de l’état des infrastructures et probablement de la rupture de la concurrence, se répercutent sur les coûts de transports en érodant le pouvoir d’achats des ménages et en mettant en cause la compétitivité des produits sur le marché international. En fait, les collecteurs en nombre restreint, se taillent de marge confortable en pratiquant des prix bas au producteur et des prix nettement élevés au consommateur. Généralement, ils n’opèrent que dans les zones de collecte non aléatoires. La réduction des coûts des transports est cependant un élément favorable à l’amélioration de la compétitivité de l’économie et surtout, à l’émergence et au développement du marché local.

Le rythme de désenclavement, donc de la construction ou de la réhabilitation des pistes rurales, a ralenti au cours des dernières années, en tant que effets des contraintes budgétaires qui se traduisent par la restriction des ressources allouées au Fonds d’Entretien Routier (FER) et par la réduction de sa capacité opérationnelle.

En effet, selon les mêmes données, le pourcentage des Communes accessibles par voies de surface toute l’année s’est stagné autour de 40,0% durant les trois dernières années ; le pourcentage du réseau routier national bitumé en bon état a été de 45,0% ; le pourcentage des Routes Nationales non revêtues en bon état n’est que de 14,0% en 2015 et celui des Routes Rurales en bon état, seulement de 12,0%.

En conséquence, indique-t-on, la priorité du Gouvernement est de développer les infrastructures routières desservant les zones à fort potentiel de production. La stratégie est globalement axée sur : le rétablissement de la capacité de financement du Fonds d’Entretien Routier (FER) en augmentant son budget de 10,0% à 25,0% ; le désenclavement des zones de production à forte potentialité et à retombées économiques et sociales palpables : développement des effets d’externalité à incidences positives sur l’emploi et le revenu, disponibilité plus grande des facteurs de production et élimination de l’éventuel dysfonctionnement du marché, amélioration de la compétitivité sur le marché international, …

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