CHRONIQUE: Hery et Macron : une rencontre de l’amitié ou pour remonter les bretelles ?
Selon des indiscrétions émanant de milieu généralement bien informé, sauf modification d’agenda de dernière heure, à l’initiative de la partie malgache, une rencontre entre le président Hery et Emmanuel Macron le successeur de François Hollande serait prévu après la fête du 26 juin à Paris. Après les autres Chefs d’Etat du continent voisin qui ont fait le voyage à Paris pour prendre contact avec le nouvel homme fort du pays de l’académicien Jean d’Ormesson l’auteur de l’ouvrage « Presque rien sur presque tout … » , le locataire d’Ivoloha aurait fait des pieds et des mains pour ne pas avoir l’air de snober le fondateur du parti La République En Marche (LREM). Malgré les embûches de la politique politiciennes locales, l’homme confiant qui avait déclaré hier, lors de l’inauguration du pont Pomay sur la RN5 hier « Vous avez là devant une nouvelle infrastructure. Je suis là pour rebâtir notre Nation, construire un pays moderne avec votre soutien. Nous allons célébrer bientôt les 57 années de notre indépendance, il est temps de voir les atouts de notre pays et de construire des infrastructures de base pour le développement réel car la population a besoin de changement et d’innovation », tient beaucoup à cette rencontre parisienne pour redorer son blason, incessamment terni par les scandales de la mauvaise gouvernance et d’une gestion malsaine des finances publiques d’un entourage de profiteurs.
Il est patent que les partenaires techniques et financiers n’ignorent rien de ces plaies du régime et ce n’est pas parce qu’il dirige la France depuis peu qu’Emmanuel Macron ne serait pas au courant de tous les travers de l’équipe au pouvoir et surtout des souffrances du peuple malgache, mais également de la communauté française de Madagascar avec cette succession d’enlèvements cruels qu’ils sont obligés de subir sans pouvoir réagir. La rencontre entre les deux présidents si réellement elle aura lieu, peut très bien se passer sous le signe d’une longue amitié liant les deux pays. Le seul ombre au tableau serait cette méfiance de la communauté internationale qu’elle n’a pas caché du temps de la Transition. A l’époque déjà, ministre des Finances et du Budget, l’actuel président avait une propension certaine pour privilégier les intérêts de quelques hommes d’affaires chinois d’assez mauvaise réputation dans le commerce international. A cause
de ce penchant, Hery Rajaonarimampianina avait failli ne pas être reconduit dans le dernier gouvernement d’Omer Beriziky si Andry Rajoelina n’avait pas mis tout le poids de sa personnalité dans la balance. Avec les récents engagements économiques et financiers dans le cadre de la nouvelle Route de la Soie, la situation risque de se présenter sous des mauvais jours lors de la rencontre au sommet à Paris. Comment la partie française va-t-elle réagir devant tant de faveurs accordées à la seconde puissance financière internationale dans une période où les objectifs de la nouvelle équipe au pouvoir en France prône l’avènement des pratiques politiques plus saines ?
Le banquier nationaliste lucide qu’il est, le président Macron pourra-t-il s’accommoder de telles relations très marquées par l’infidélité, les pirouettes et la roublardise comme systèmes de gouvernement ? Quoi qu’il en soit la diplomatie étant ce qu’elle est, des deux côtés on ne manquera de sauver les apparences. Il est pourtant très sûr que sans entrer dans une ingérence déplacée, à l’hôte de l’Elysée à cause des choses qui fâchent et des problèmes locaux sur les harcèlements fiscaux, l’insécurité et les cas de déni de justice dont sont victimes plusieurs entreprises françaises installées à Madagascar, on lui remontera poliment les brettelles. Et si comme l’insinuent les mauvaises langues, ce voyage prévu obtenir la caution de la France en prévision de la prochaine élection présidentielle vise un aval de ce pays partenaire en puissance de notre île, la partie est encore loin d’être gagnée. Au pays, les activités criminelles des bandes de voleurs dotés d’armes de guerre continuent chaque jour d’alimenter les colonnes des journaux, le climat politique s’alourdit jour après jour, à cause de ceux que les élites considèrent comme un environnement négatif pour les prochaines élections. Il y a nécessité urgente d’ «Améliorer le cadre institutionnel du processus électoral et tenir compte de l’ « incohérence dans les textes qui organisent le contentieux électoral » Pour ce faire instaurer «Une systématisation de la transmission des dossiers du juge électoral au juge ». Pour déboucher à une telle refondation par les urnes, ce n’est pas la bonne volonté et la détermination qui manque. Les acteurs politiques de bonne foi n’attendent que l’occasion pour imposer leurs options novatrices afin d’arriver à des résultats tels que « Le raz-de-marée annoncé en faveur du parti d’Emmanuel Macron, La République en marche, se confirme. Le mouvement récolte 306 sièges et le Modem de François Bayrou 42 sur les 577 à l'Assemblée nationale lors du second tour des élections législatives de dimanche… » Le modèle donné par le président français et son parti ne manquera pas d’influencer les rencontres entre les deux présidents. Surtout que rien n’interdit le plagiat dans un tel esprit dominé par la démocratie et les valeurs républicaines. Exit les tentations folkloriques risibles dans le but d’acheter des consciences pour obtenir des succès électoraux par les fraudes. ..