chronique de razafilahy: La justice pour les menus fretins ?
Ce n’est pas pour le plaisir de râler que le syndicat des magistrats se démène pour favoriser l’instauration de l’intégrité au sein du système judiciaire de Madagascar. Il serait malhonnête de soutenir que ce phénomène du déficit de la crédibilité de la justice date de seulement la période de l’actuelle 4ème République. Mais ce n’est pas une raison suffisante aussi pour supporter que l’iniquité et le déni de justice perdurent dans certaines juridictions et au profit de quelques juges parjures qui font le jeu de l’instrumentalisation du système judiciaire par des personnalités influentes et de riches parties déterminées à manipuler les décisions des tribunaux. Les drames provoqués par l’application systématique de la loi du Talion dans quelques localités sont déjà suffisamment injustes pour qu’on ne s’en préoccupe pas.
Le mouvement initialisé par les syndicalistes de la magistrature a eu un écho plus que favorable de la part de la population et le crédit de leurs efforts permet à tous d’espérer aboutir à un véritable changement pour l’avènement d’une bonne administration de la justice. Pour le moment confrontés à une poignée de fonctionnaires des tribunaux aussi bien dans la capitale qu’en provinces, les justiciables se trouvent encore et toujours soumis aux caprices de ces chantages ignobles de payer ou de ne payer une très forte somme. Il faut bien accepter pour gagner un procès ou même pour faire avancer un dossier qu’on fait traîner volontairement sous les coudes de quelques personnes. Dans quelques juridictions lointaines, la plus favorisée reste et demeure cette racaille qui pour faire fonctionner le mécanisme du commerce de la viande sur le plan national comme pour le commerce extérieur. Les patrons de ces véritables associations de malfaiteurs n’hésitent pas à arroser avec des dizaines et voire même des centaines de millions de francs les personnes en charge des dossiers lorsque certains d’entre eux sont pris dans les mailles des filets de la justice. Pour la petite histoire, tout au début de sa carrière le fameux Remenabila avait offert à un procureur par l’entremise de son épouse l’équivalent du prix de 150 bœufs à l’époque, pour sortir blanchi de prison après un de ces méfaits retentissants qui l’avait rendu célèbre durant la Transition. Détail presque insignifiant, mais très révélateur d’une certaine mentalité qui prévaut dans certaines juridictions éloignées : la confidence nous été faite par un juge d’instruction qui avait refusé l’offre de 100 têtes de zébus proposée auparavant… c’est pour vous dire que tous les juges ne sont pas des anges et que parmi les magistrats il existe toujours des personnalités de qualité capables de ne pas tomber dans les pièges de la corruption.
La plus grande préoccupation de la majorité de la population est cette tendance propre à certains magistrats de se croire être Dieu le Père et de faire preuve d’une arrogance très déplacée quand ils ont affaire à des pauvres gens sans ressources qui n’ont que leur bonne foi pour appuyer leur parole contre celle d’un délateur ou d’un accusé très fortuné. Il est tout de même inimaginable qu’un gros gibier de potence comme celui qui avait nargué les juges de Toamasina puisse quitter le territoire national doigt dans le nez ? Au nez et à la barbe de toutes les autorités de cette république ? Ce suspect en cavale a-t-il été aidé par des complices pour réussir sa sortie ? Pourquoi ces individus ne sont pas inquiétés ? D’un côté, il y a aussi ce principe flou attaché la nécessité la détention préventive ? Souvent on l’applique suivant la tête du client ou disons du pauvre justiciable… Les échos des abus d’un membre du Parquet en périphérie nous rapportent qu’on use là-bas de la délivrance systématique du mandat de dépôt afin d’amener le prévenu à se soumettre à des conditions qui ressemblent un peu trop à des extorsions de fonds. Cette pratique, selon notre source, impliquerait une chaîne vénale pour la corruption très efficace que les détenus finissent très vite par comprendre que la seule issue pour sortir de prison, c’est de passer à la caisse… Le plus désolant pour l’opinion c’est de ne pas comprendre pourquoi un assassin jeté en prison se promène en plein jour dans la capitale au volant d’une luxueuse voiture 4X4, alors que sa place est encore chaude à Tsiafahy ? Pourquoi aussi le dossier ce cruel kidnapping de Toamasina reste en instance dans quelques placard sombre ? Serait-ce parce que dame Nicole Andrianarivoson qui serait en disgrâce et « interdit de palais (?) » serve de couverture à des gros poissons de son calibre ? Elle a été elle aussi épinglée dans une salle histoire « la haute personnalité proche du chef de l’Etat malgache interpelée par la Douane française à Roissy, le 9 décembre 2015, pour avoir été en possession d’une somme importante en euros »- est bien réelle" selon Madagate. Puis silence sur toute la ligne de SAMFIN jusqu’à Bianco. C’est normal que le député Jaovato se rebiffe ! Que sont-ils devenus ces trafiquants d’or et d’autres minerais précieux dont on n’entend plus parler, alors qu’il y avait flagrant délit ? Comparé au prévenu Alain Ramaroson, tout ce beau monde étiqueté « intouchable » nous donne malheureusement cette navrante impression que la loi est seulement faite pour le menu fretin et les pauvres gens. Vous n’y croyez pas ? Regardez autour de vous ces fortunés malfaiteurs qui se pavanent sous l’œil bienveillant d’on en sait quel tout puissant protecteur ?