Face à l’indifférence de l’exécutif: Le SMM lance un ultimatum
C’est lors de l’Assemblée générale extraordinaire qui s’est tenue hier à la Cour suprême Anosy que quelques magistrats venant de toute l’île, se regroupant dans le SMM, a pris une décision par rapport à la réponse des autorités à leurs revendications. Peut-on affirmer qu’il s’agit d’une réaction face à l’inertie de l’exécutif? Car à la connaissance du public, l’exécutif n’a pas réagi même après les deux jours d’indignation du syndicat des magistrats (SMM). C’est ainsi que quelques dizaines de magistrats a décidé de trouver une solution face à ce désintéressement. Et cette solution a été de faire le premier pas vers l’Etat ou s’agit-il plutôt d’un dernier recours ? Leur annonce semblait être un ultimatum, mais au final ils espèrent que cette fois-ci les revendications seront satisfaites. « On a décidé avec quelques membres qu’une lettre citant nos revendications sera adressée à l’exécutif. Cependant, on va accorder un délai de dix jours afin que les responsables puissent faire des observations et prendre de décisions. Au-delà de cette durée, si l’on n’arrive pas à trouver des compromis, nous, tous les magistrats du pays vont tenir une grève générale », a expliqué le vice-président du SMM, Tiaray Fanahimanana. Il a bien souligné que la grève en question va toucher l’ensemble des juges et non uniquement les membres du syndicat. Quelques points sont cités en ce qui concerne ces revendications à savoir l’exécution de la résolution de l’assise nationale datant de 2012. Cette résolution comporte de prises de responsabilité de la part de l’Etat, des magistrats, des sociétés civiles et tous les citoyens. D’après le porte-parole de SMM, aucune implication de l’Etat ne s’est jamais faite malgré l’engagement du régime de l’époque. Le syndicat demande aussi à ce que l’on met fin à l’instrumentalisation de la justice. L’instrumentalisation de la justice consiste à ce que des tiers utilisent des pouvoirs pour servir ses intérêts personnels. Cela consiste aussi au refus de l’exécution des décisions de la justice. Bien évidemment, les magistrats ont aussi demandé à ce que la lutte contre la corruption soit renforcée et que les « au-dessus de la loi » n’existent plus. Et finalement, fait partie de ces revendications la modernisation de la gestion de carrière des magistrats, dont l’avancement et l’affectation. Soulignons que la date de déposition de la demande reste encore méconnue. On ignore si l’Etat sera cette fois-ci sensible à la présente demande que les magistrats qualifient de réalisable, mais une chose est sûre : le bras de fer entre les deux parties s’annonce féroce. Il se peut aussi que l’exécutif va, une fois de plus, les envoyer balader en lançant des promesses d’ivrogne, mais il leur tournera le dos une fois que l’affaire se calme. Quoique le syndicat semble être confiant.
Annie N.