chronique de razafilahy: Intégrité morale, vous avez dit ?
Les habitants de cette île bénie des dieux, mais pourtant souillée et pillée par tous les prédateurs venus de partout et par les pirates modernes de la Mer de Chine vivent actuellement une époque de résignation et de désolation. Si les esprits de bonne foi encore animés s’obstinent encore et toujours selon Johan R. à faire appel « à l’administration qui a pour rôle principal de préserver le bien-être, la sécurité d’intégrité morale des citoyens », confronté à longueur d’année aux dures réalités quotidiennes et de l’existence et à l’insouciance arrogante institutionnalisée des dirigeants, « la majeure partie de la population malgache » de l’avis de cet observateur très perspicace «les citoyens malgaches ont cessé de croire en la sagesse de ces personnes qui sont censées montrer l’exemple. »
Les scandales retentissants de ce premier semestre de l’année 2017 et les attitudes institutionnelles de tous les membres du pouvoir exécutif, des parlementaires des deux chambres, de certains responsables du système judiciaire ne permettent guère de constater qu’il existe dans le régime en place une volonté politique acceptable pour assurer une bonne gouvernance. Ne serait-ce que pour les quelques mois de la jouissance d’un mandat qui a déçu au plus haut point, et les habitants de Madagascar et les partenaires techniques et financiers. Malgré le ton et les attitudes diplomatiques et polies (la main sur l’épaule du visiteur par exemple) adoptés des deux côtés et rapportés dans une dépêche de Reuters sur le séjour à Paris le 28 juin 2017, il y a un mutisme éloquent que peut masquer aucune pirouette dialectique. Le ton est on ne peut plus clair lorsque la dite agence publie sous la plume de Charles Platiau « Le président malgache est à Paris. Hery Rajaonarimampianina a été reçu ce mercredi à l’Elysée par Emmanuel Macron. Première rencontre entre le chef d’Etat français et son homologue. »
Tout est dit lorsque répondant aux questions Sébastien Nemeth, le président Hery affirme à propos de la rencontre avec le successeur de François Hollande avoir eu « une très bonne impression. C’est un président très déterminé qui comprend les réalités, même si c’était la première fois qu’on parlait de Madagascar. Je pense que c’est un président qui connaît bien les dossiers. » C’est même une vérité de la Palice, surtout qu’il y avait « Au menu notamment la coopération entre les deux pays alors que Paris subit de plus en plus la concurrence des pays asiatiques. Mais également les questions sécuritaires et géopolitiques sur les îles Eparses et les attaques contre les Indo-pakistanais d’origine française, les Karanes… » Des sujets qui fâchent qui se résument dans la remarque contenue la question telle que « Lundi, lors de la fête nationale, vous avez mis en avant des relations de très longue date avec d’autres pays - la Chine, l’Inde, le Vietnam -, mais vous n’avez pas cité la France. Est-ce que c’était volontaire ? Même si la réponse quoiqu’évasive dans ce « Mais non, la France était déjà là. Qui ne le sait pas ? » La précision qui suit « Nous travaillons avec les bailleurs de fonds internationaux depuis très longtemps par exemple, mais j’ai toujours préconisé qu’on puisse approfondir leurs relations avec les investisseurs privés. » Et c’est justement ce recours à des réseaux pas très nets, très révélateur sur l’innovation adoptée par les autorités d’Antananarivo qui suscite la méfiance des bailleurs de fonds traditionnels. Surtout que Hery Rajaonari-
mampianina avait pris l’élégance patriotique ( ?) de dire aussi que « que l’intérêt de Madagascar pousse son président à trouver les moyens qu’il faut, il n’y a pas d’exclusion, ni d’exclusivité. » Comme le fait avéré avancé dans une autre question de Nemeth concernant la Chine « au détriment de la France», n’avait rien à voir avec la suspicion inévitable sur «une volonté de se rapprocher davantage de l’Asie et, peut-être, de s’éloigner de la France… » Et ce n’est pas le « Pas du tout, ce n’est pas notre intention, non » qui pourra écarter le doute d’un pays ami. L’hôte de l’Elysée en ajoutant «Les capitaux sont partout. Pourquoi pas ne pas ouvrir la porte à tout le monde », a fini par avouer ce qu’il ne fallait pas dire. Parce même dans son propre pays, aux yeux de ses administrés, les aventures passées de ces prédécesseurs et les vieilles habitudes acquises durant la transition sont très mal vues par l’opinion. Et pour cause, les financements obtenus en provenance des réseaux asiatiques souvent alimentés par l’argent sale est à l’origine de tous les malheurs de la 4ème République. Faut-il oublier ou faire semblant d’ignorer que même du temps où l’actuel président de ce pays était le ministre des Finances et du Budget, les trafics de bois de rose, l’ilménite, d’autres minerais précieux, l’or et les vols de bœufs étaient totalement financés par des affairistes chinois… Nos dirigeants actuels peuvent-ils se disculper sur ces violations flagrantes de notre souveraineté nationale et des lois de notre pays ? Les menaces de troubles sont d’actualité à cause de cette complicité étatique. C’est bien beau de déclarer au micro de RFI en terre étrangère que les « crises sont d’ordre politique, mais il y a aussi des aspects économiques : la pauvreté en soi est déjà une crise,… ». Mais lorsqu’en tant que hauts responsables d’un pays, les évêques de Madagascar vous suggèrent sur un ton apostolique « Vous les politiciens aussi bien de l’opposition que du pouvoir : Dans vos agissements, on voit bien que la politique que vous menez, loin d’être la recherche du bien du peuple n’est par contre qu’une recherche effrénée d’intérêts personnels et désir de se maintenir au pouvoir à tout prix. Reprenez-vous donc et défendez le bien commun qui doit vous être précieux, comme la prunelle de vos yeux. » Vous savez ce qui vous reste à faire. N’en rajoutez pas !
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