Agro Ankatso: Modèle de démarche qualité
L’engouement pour les études supérieures s’est accéléré depuis plusieurs années à Madagascar. Les causes sont multiples allant de la nécessité d’obtenir un titre académique pour les besoins de l’emploi à la simple obligation de suivre la tradition (les diplômés jouissant toujours d’une importante notoriété au sein de la famille). Les universités privées sont de plus en plus nombreuses car les universités publiques n’arrivent plus à absorber les nouveaux bacheliers de l’enseignement secondaire.
D’un autre côté, les employeurs se plaignent que peu de nouveaux diplômés sont directement opérationnelle quand ils se retrouvent sur le marché. Depuis quelques années les entreprises, ONG et autres organisations préfèrent donc recourir aux services de consultants (même si ces derniers n’ont pas d’expériences) afin de définir une tâche précise limitée dans le temps permettant de diminuer leurs charges (impôts, charges sociales, etc…) et obtenir, ainsi, plus d’efficacités et de profits.
Conscient de ce problème d’adéquation emploi et par souci de garder l’excellence dans l’accomplissement de sa mission, l’Ecole Supérieure des Sciences Agronomiques met en œuvre depuis 2016 un plan stratégique de développement institutionnel qui comprend notamment le développement d’offres de formation innovantes, attractives et performantes.
Ainsi pendant trois jours (28-29-30 juin) l’ESSA organise un atelier d’évaluation de sa formation afin de rendre ses diplômés directement opérationnels sur le marché du travail. Pour cela, l’ESSA applique la démarche qualité tant dans la conception et l’évaluation de sa formation que dans la méthode utilisée elle-même (démarche qualité, participation et responsabilisation). Pendant ces trois jours les principaux partenaires de l’ESSA constitués des utilisateurs (Ministères, ONG nationales et internationales, Bureau d’étude, Association des Directeurs des Ressources Humaines, syndicat des ingénieurs agronomes, opérateurs économiques, bailleurs de fonds, associations nationales, anciens de l’ESSA, etc…) participeront activement (avec les enseignants-chercheurs, le personnel administratif et technique ainsi que les étudiants) à l’évaluation du concept de formation développé à l’ESSA en les confrontant avec les compétences (en terme de connaissances, de savoir-faire ou aptitude et d’attitude ou savoir-être) demandées par le marché. Cette évaluation devra permettre de définir les lacunes à combler et à prendre les dispositions nécessaires pour que la formation puisse effectivement permettre de correspondre aux compétences voulues.
Dans sa démarche qualité, une étude des besoins en formation agronomique de niveau supérieur a été effectuée au sein de l’ESSA et sera complétée lors de cet atelier par la participatition active des représentants des utilisateurs et des anciens. A partir des tendances internationales et tenant compte à la fois du contexte national et de ces besoins identifiés, le concept de formation sera disséqué, analysé de façon à pouvoir trouver les moyens de l’améliorer. A la fin de l’atelier, il est prévu que la démarche elle-même sera comprise par l’ensemble des quatre entités (utilisateurs, étudiants, personnel administratif et technique ainsi que les enseignants chercheurs qui sont les parties prenantes) en même temps qu’elle devra déboucher sur un ensemble de recommandations et un programme de mise en œuvre. La formalisation de la collaboration avec les utilisateurs sera alors plus facile à accomplir et devra permettre de casser la barrière de l’individualisme et renforcer le travail en partenariat. C’est en tout cas une façon pour l’ESSA et l’enseignement supérieur de contribuer au développement économique de Madagascar.
D.R.