Stratégie de développement: Les facteurs de risques sont légion
Le gouvernement vient d’adopter la stratégie pour renverser la tendance observée au cours des dernières années, caractérisée par la performance modérée de l’économie, la détérioration des conditions sociales et la persistance de la pauvreté.
La stratégie s’attaque aux causes profondes de la pauvreté, préalablement mises en évidence dans le Document de Développement Économique : performance économique modérée depuis plusieurs décennies ; inclusivité réduite de la croissance économique ; prédominance de l’économie de subsistance au détriment de l’économie de l’accumulation du fait de l’enclavement des zones de production ; problèmes fonciers et détérioration des infrastructures hydro-agricoles ; dualisme économique, cause de la désarticulation de l’économie ; persistance de l’inflation et effritement du pouvoir d’achats ; couverture réduite du système de protection sociale ; dysfonctionnement du système financier, réduisant l’accès au financement ; problèmes persistants de gouvernance ; infrastructure d’assainissement peu développé ; impacts négatifs du changement climatique ; crise politique à répétition, etc.
Mais indique le Document de Développement Économique, la réussite de la stratégie est tributaire des facteurs attenants au contexte interne et externe. La stabilité politique interne est primordiale en tant que condition préalable à l’expansion des investissements privés. L’histoire atteste que l’afflux des capitaux étrangers est étroitement lié à l’évolution du contexte politique et des conditions macroéconomiques internes. Leur stabilité offre une meilleure prévisibilité dans divers domaines : choix optimal des secteurs d’intervention, perspectives d’investissements, rentabilité des capitaux investis, etc.
Une large adhésion de la population et des acteurs de développement à la stratégie est plus que nécessaire pour faciliter la mise en œuvre. A ce titre, des campagnes de communication et de sensibilisation à l’intention des différentes couches sociales méritent d’être organisées au niveau central et régional.
En outre, le même Document de Développement Économique (DDE) mentionne les facteurs de risques. Le risque principal est la faiblesse des institutions : déficit en ressources humaines, insuffisance des moyens techniques et financiers qui réduisent la capacité opérationnelle des institutions. Ce qui pourrait entraver la mise en œuvre efficace de la stratégie en mettant en cause la réalisation de l’objectif de réduction de la pauvreté. La variation imprévisible du contexte international constitue également un risque sérieux avec ses impacts négatifs sur la décision d’investissement.
D’autres risques, en général inhérents aux pays en développement, sont étroitement liés à la non disponibilité des informations fiables pour l’évaluation des performances de la stratégie. Toutefois, celle-ci constitue un préalable à l’éventuel réajustement ou recentrage de la stratégie en vue de son efficacité.
Enfin, le DDE est le cadre opérationnel principal de la réduction de la pauvreté. La duplication des documents équivalents laisse planer de doute sur la cohérence des stratégies gouvernementales. Ce qui risque de décourager les initiatives individuelles au point de devenir un facteur d’échec de la stratégie.