Paralysie de l’économie par la grève des douaniers: Les opérateurs économiques font appel à un apaisement
Il est au vu et su de tous que l’économie malgache est instable, voire même vulnérable. Les industriels locaux contribuent, en une grande partie, à l’amélioration de la situation économique du pays en contribuant jusqu’à 34,42% du PIB (exportation de biens et services). Mais la grève illimitée annoncée par la douane ne fait qu’empirer cette situation déjà précaire. Rappelons que cette grève a repris, et est à son quatrième jour aujourd’hui, trois semaines après la grève d’avertissement des douaniers. Après un débat avec l’exécutif, les deux parties n’ont pas réussi à trouver un terrain d’entente. Les douaniers eux demandent, pour faire court, la révision de base de calcul des primes (datant de l’année 1960) qui leur sont accordées ainsi que le paiement de celles-ci depuis l’année 2013. Mais ce qu’a proposé l’Etat ne tend pas du tout à satisfaire leur revendication. C’est ce qui les a donc poussé à monter la pression en annonçant la grève illimitée qui est déjà en cours. Mais on se demande pourquoi cette sourde oreille de l’Etat. Un manque dans la caisse ? Cette option est loin d’être cohérente car il fut un temps où la recette douanière était en hausse que les dirigeants ont voulu engager une entité privée pour le contrôle a posteriori. Grande nouvelle ! La caisse est pleine si bien qu’on cherche même gaspiller ce qu’elle contient.
Mais revenons à l’économie et l’industrie de la Grande île. Actuellement, certaines activités des entreprises locales se trouvent contrariées par les opérations d’importation et d’exportation bloquées par la grève des douaniers. En effet, les importations des matières premières et d’autres intrants sont suspendues. Ce qui provoque l’arrêt des activités de production et l’interruption de l’approvisionnement du marché local. Et en matière d’exportation, des pertes de contrats au niveau des clients importateurs sont à craindre sérieusement. Comme Charles Giblain, président du Groupement des entreprises franches et partenaires ou GEFP l’a expliqué, en ce qui concerne les contrats pour le secteur industriel, des pénalités font déjà partie des termes du contrat en cas de retard des commandes. Et comme le Groupement des entreprises de Madagascar (GEM), le Syndicat des industries de Madagascar (SIM), le Groupement des entreprises franches et partenaires et le Fivondronan'ny mpandraharaha malagasy (FIVMPAMA) l’ont affirmé hier lors d’une conférence de presse, il est temps que le gouvernement, l’administration douanière et le SEMPIDOU règlent d’urgence leur conflit afin que l’industrie puisse reprendre. « Il ne nous suffit que de huit jours pour que l’industrie s’étouffe, surtout pour ceux qui ont d’intrants bloqués. Ce qui est déjà le cas au port de Toamasina », a affirmé Fredy Rajaonera, président du SIM. « C’est ce qui nous a poussé à prendre la parole avant que l’état ne s’aggrave et qu’on arrive à prendre une décision de se lancer dans le chômage technique car même si les pertes sont difficiles à comptabiliser, la menace est bien réelle », poursuit Charles Giblain. « On ne cherche pas à s’immiscer dans le rôle de l’Etat, mais on tient juste à capter son attention car nous ne sommes pas les seuls concernés vu que les opérations douanières participent aussi à renflouer la caisse de l’Etat ».
Annie N.