Liban: Les travailleuses malgaches privées de Fête Nationale
Les travailleuses malgaches au Liban sont fort mécontentes. Pour une fois, ce n’est pas à cause de leurs conditions de travail souvent désastreuses. Elles sont en colère car le consul honoraire de Madagascar sur place leur aurait intimé l’ordre de ne pas se regrouper pour fêter le 26 juin en raison de la situation tendue sur place. L’argumentation du consul ne se fonde pas sur des faits solides. En effet, les tensions entre le Liban et Israël n’ont pas empirées et les autorités libanaises parviennent à gérer le flux énorme de réfugiés syriens. Une certaine stabilité dans une paix et une prospérité retrouvées règne au Liban. Un incident entre deux femmes malgaches a bien eu lieu il y a eu quelques mois mais il s’agissait d’un cas isolé basé sur une rivalité amoureuse. Cet incident ne justifie certainement pas l’opposition catégorique de Marcel Abi Chedid, consul honoraire de Madagascar au Liban, à toute forme de rassemblement en vue de célébrer la Fête de l’Indépendance malgache. Les travailleuses malgaches du Liban ne sont pas responsables de troubles graves, répétés et caractérisés à l’ordre public. Par sa décision abusive, le consul honoraire a donc outrepassé ses attributions et porté atteinte à l’honneur de Madagascar. Pour les travailleuses malgaches, l’explication serait que le consul honoraire de Madagascar ne voulait tout simplement pas débourser de l’argent pour organiser la grande fête qu’il finance chaque 26 juin. Aurait-il eu peur que de nouveaux heurts entre malgaches ne perturbent les réjouissances ? Les travailleuses malgaches au Liban ont droit au respect et à la dignité même si elles sont peu instruites et peu fortunées. A notre connaissance, les libanais installés à Madagascar, qui travaillent notamment pour le Groupe Filatex, disposent du droit de célébrer leur propre fête nationale. Ce devrait être le cas pour tous les malgaches au Liban. Les travailleuses malgaches souhaiteraient vivement que les autorités malgaches remplacent Marcel Abi Chedid qui n’est pas à la hauteur de sa mission et qui ignore tout de la langue et de la culture malgaches. Qu’il cède sa place à une personnalité plus ouverte d’esprit et plus disponible, s’il est trop accaparé par ses affaires personnelles, notamment la gestion de son complexe hôtelier. Ceci dit, le personnage s’accroche à sa fonction qui lui sert de tremplin pour ses activités professionnelles. Il crie sur tous les toits qu’il est en train de monter une unité industrielle dans le port de Toamasina mais aucune banque sérieuse ne financera ce projet obscur qui a déjà violé les règles élémentaires de passations de marché public. Si les relations entre les travailleuses malgaches et Marcel Abi Chedid sont empreintes de rancœur et d’animosité, ce n’est pas uniquement la faute de ce dernier. Les travailleuses doivent comprendre qu’elles doivent faire un effort d’intégration et qu’un consul honoraire n’est pas un ambassadeur. Il faut également reconnaître que Marcel Abi Chedid a participé activement à l’élaboration d’une nouvelle convention qui sera bientôt en vigueur entre l’Etat malgache et l’Etat libanais qui vise à améliorer les conditions d’émigration et de travail des malgaches au Liban. Le bilan de Marcel Abi Chedid, en sa qualité de consul honoraire de Madagascar au Liban, n’est pas complètement sombre mais il a sans doute fait son temps puisqu’il est en poste depuis 2007. Son remplaçant devra réinstaurer la confiance et le dialogue qui semblent aujourd’hui rompus.
Folojaona