Marché du travail: Poids important des actifs ruraux

Le marché du travail à Madagascar s’articule autour de trois principaux secteurs à savoir l’agriculture qui fournit 80% des emplois, le secteur moderne public et privé avec 12,5% des emplois et le secteur informel non agricole avec 7,5% des emplois. Les ¾ de la population sont des petits exploitants agricoles dont 90% en milieu rural ; outre la situation de sous-emploi qui touche particulièrement cette frange de la population, leur activité est également peu productive et faiblement rémunératrice, plus de ¾ des ménages des exploitants agricoles ayant un revenu inférieur au seuil de pauvreté.

Plus rapporte le programme pays pour le travail décent qui couvre la période 2015-2019, le poids important des actifs ruraux fragilise le marché du travail dans le pays, du fait des difficultés quasi-chroniques des agriculteurs à obtenir un niveau de bien-être acceptable. En effet, devant les chocs externes et internes répétés, la faible productivité et la faible diversification du secteur agricole ainsi que le taux élevé de sous-occupation rurale, Madagascar est généralement confronté à un dysfonctionnement du marché du travail qui se traduit surtout par l’exode rural massif avec la déstabilisation des offres sur le marché. En ce qui concerne le secteur moderne, celui-ci se caractérise surtout par la proportion d’emplois salariés non protégés puisque 75,2% des travailleurs salariés ne bénéficient pas des avantages des régimes de protection sociale. En outre, 31,4% des emplois rémunérés se situent en-dessous du salaire minimum. Pour les emplois informels, l’on remarque la poussée d’une pluriactivité des actifs pour pouvoir mieux s’adapter aux effets du chômage et du sous-emploi, surtout en milieu urbain. Enfin, le revenu des femmes est en moyenne inférieur de 34% de celui des hommes, ce qui confirme l’existence de discrimination, que ce soit en matière de salaire que de promotion ou d’accès aux opportunités de renforcement de l’employabilité.

Dans le domaine de la formation professionnelle, l’on constate que 94% des travailleurs n’ont pas eu de formation professionnelle. Seulement 3% des agriculteurs et 13% des indépendants du secteur non agricole ont suivi une formation. Cette situation est d’autant plus dangereuse pour le pays qu’un important développement des investissements est attendu eu égard aux avantages comparatifs de Madagascar sur les secteurs tels que les mines, le textile, le tourisme, la pêche.

En définitive, la fragilité du marché du travail se cristallise autour du chômage des jeunes, l’importance du sous-emploi et la proportion d’emplois vulnérables.

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