CHRONIQUE DE RAZAFILAHY: Le roi est nu, vive le roi ! Merci Nancy ...

« On parle de roi nu lorsqu'un puissant (par l'argent, la politique ou les médias) se voit dépossédé des attributs de son pouvoir et voit s'écrouler la maison dont il a perdu la façade… » selon La fée du logos une source fiable du Net. Quand les gazettes sans se consulter titrent à la Une « Semaine de tous les dangers pour l’Exécutif » ou encore « Semaine sous haute tension », il y a lieu de reconnaître qu’il ne s’agit plus ici d’un pure exercice de style ou d’une maniaque tendance à vouloir « faire du sensationnel » comme on le dit dans le jargon du métier. Ce n’est pas parce qu’une grande partie des médias adorent se complaire dans la geignardise, réellement, sans exagérer du tout, la conjoncture politico-économique actuelle est très préoccupante aussi bien pour les dirigeants que pour tous. Lorsque le matin au réveil, on ose encore se regarder dans un miroir, très vite cette envie de vomir vous prend aux tripes. C’est la faute à ce sentiment de dégoût qui nous colle à la gorge à cause d’un déficit de patriotisme chaque jour plus résigné qui domine la médiacratie de cette île.

Heureusement pour tous, gens de la presse comme élites ou simples citoyens, après les séances parisiennes de strip-tease télévisées et radiophoniques du premier magistrat de Madagascar, avec son admirable clairvoyance Nancy Razanatseheno a osé dans nos colonnes déculotter les grands de ce monde. En crachant sans aucune hésitation et avec la dose de conviction qu’il faut qu’ « il est clair, pour tout un chacun, que l’instabilité politique prend sa source dans la parodie des élections qui n’offre aucunement à la population la possibilité d’exprimer librement et en toute conscience son choix lors de ces rendez-vous démocratiques. » Et cette analyste d’une lucidité sans faille de confirmer « quand à l’état de délabrement social, économique comme moral du pays. Comment peut-il en être autrement quand le chômage généralisé, le sous-emploi et la pauvreté continuent de caractériser le paysage économique et social de Madagascar ? Et pourtant les lois sur la gouvernance économique ont été votées mais leur mise en œuvre demeure une préoccupation majeure, du seul fait de la frilosité des gouvernants. » Dans sa magnanime indulgence d’intellectuelle avisée, elle a volontairement user d’un euphémisme tolérant pour ne pas mettre le doigt sur cette plaie gangrenée appelée la corruption institutionnalisée jusqu’à un très haut niveau dans toutes les institutions de la République.

Cerné de tous côté par une opposition qui se mobilisent pourtant en ordre dispersé, le régime se trouve visiblement terriblement handicapé pour aborder les quelques mois qui séparent le pays des élections présidentielles et parlementaires. Toujours est-il que les retombées de ce « feuilleton judiciaire de « l'affaire Claudine » qui tient en haleine la presse malgache » n’arrangent guère le contexte local déjà suffisamment perturbé par les divers problèmes liés à la gestion des périmètres miniers, les dégâts causés par un banditisme rural qui fait des ravages énormes sur le cheptel bovin et la sécurité des paysans éleveurs et agriculteurs qui ne savent à quel saint se vouer. Le système judiciaire déjà discrédité par une instrumentalisation rampante des juridictions doit depuis quelque temps faire face aux multiples menés de blocage des magistrats et des greffiers. Ajoutez à ces actes de désobéissance civile, les grèves périodiques des douaniers qui provoquent de sérieuses érosions dans les recettes fiscales. Le mal qui ronge le système n’est pas du tout ce que l’on dit dans les discours officiels. Le président Hery en tête, le régime subit à l’heure actuelle les conséquences des déviations et les mauvaises pratiques financières passées dans la complaisance la plus flagrante. Les scandales coup sur coup occupent les pages des journaux éclaboussant l’entourage immédiat du président dans les affaires sur les accaparements des périmètres fonciers, les gestions des octrois de marchés publics des ravitaillements carburants de Jirama, les mesures de sauvetages factices de la compagnie nationale aérienne qui cachent mal les combines pourries sous couvertes par des délits d’initiés perpétrés par des parrains mafieux, anciens collaborateurs de Hery Rajaonarimampainina du temps où l’actuel Chef de l’Etat le président du conseil d’ Administration d’AIRMAD…Dans sa réponse à une question de TV5 l’actuel locataire d’Iavoloha précise pour se justifier que : « tout le monde peut se dire proche d'un président de la République... ». Ce disant, il semble oublier ou volontairement il fait semblant, cette remarque pertinente d’un   évêque de Madagascar qui a dit ceci : « L’argent sale n’est pas le billet chiffonné ( …), il est sale parce que mal acquis. Est-ce que James Andrianalisoa le patron de L’ACM, sait cette vérité chrétienne ? Parce que lui, Me Henry Rabary-Njaka, et leurs comparses des gros malins de l’Imerina, ils évitent bien de crier sur les toits qu’ils sont «proches du président ». Pourtant ils sont drôlement impliqués et enrichis dans ces opérations de cannibalisation d’AIRMAD ? Mais en grands favoris qu’ils sont, ils ne connaîtront jamais le sort procédurier de Claudine Razaimamonjy, (« une complice » selon un magistrat de très haut niveau), cette Betsileo imprécatrice de surcroît, sacrifiée sur l’autel impie de la justice sélective… « Depuis, James Andrianalisoa n'a jamais été inquiété; personne ne lui a demandé des comptes sur sa gestion en tant que Dg d'Air Madagascar. Et, à présent, il est Dg d'ACM. IMPUNITE TOTALE ! C'est fou, hein? Une vraie confrérie de coquins qui feint d’ignorer leurs turpitudes. Et ils vont tous s’accrocher au pouvoir comme des désespérés jusqu’au moment où le ciel leur tombera sur la tête. Sans prévenir. Exil en vue. » ? avait écrit Jeannot Ramambazafy le 15 mars 2016…