Développement à deux vitesses: Madagascar à l’heure de la cybernétique !
Face au tout récent piratage informatique à grande échelle, il semblait tout à fait normal que la Police Nationale fasse une formation sur la cybercriminalité. C’est d’ailleurs une action qui est tout à fait dans l’air du temps. Toutefois, si cette mise à niveau est une bonne action, il semblerait qu’elle grille encore une fois toutes les priorités.
A en croire les faits, Internet est bel et bien présent dans le quotidien de la population malgache. De nombreux faits d’actualité en ont d’ailleurs été la preuve formelle, pour ne citer que l’incarcération d’un gestionnaire d’une page de réseaux sociaux, ou encore celui d’un simple utilisateur lambda. Si le premier avait créé la page sur un réseau social dans le but d’essayer d’améliorer le comportement de certaines personnalités, le second a connu le même sort, l’incarcération, en partageant une intox, semant la panique dans la capitale. Sans vouloir revenir sur ces sujets, ni encore les alléger, il semblerait qu’Internet, du moins, les réseaux sociaux sont utilisés par un très grand nombre de personnes. Dans ce contexte d’utilisation de masse, il paraît tout à fait normal que la police nationale suivent une formation sur la cybercriminalité. D’abord, parce que cela leur permettra de mieux comprendre ce que signifie réellement ce terme, mais surtout pour empêcher d’éventuels piratages à l’avenir. Rappelons d’ailleurs que le site de ministère de l’intérieur a déjà été victime d’une attaque du genre. Ce que l’on a du mal à comprendre, c’est qu’à l’heure actuelle, où les réseaux de communication sont très avancés, pourquoi est-ce que les services décentralisés ne suivent pas le rythme ?
Actuellement, pour obtenir l’un des actes d’état civil, qu’il s’agisse d’un acte de naissance, de mariage, de certificat de décès ou même d’un certificat de résidence, la personne concernée, du moins l’un de ses proches doit se déplacer. Cette situation contraste d’abord, vis-à-vis du monde de la cybernétique, mais surtout avec le développement. En effet, une personne née dans une région reculée du pays, devra s’y rendre pour avoir en main son acte de naissance. Est-il nécessaire de préciser que cet acte d’état civil est requis dans pratiquement toutes les situations de la vie. Le plus regrettable, c’est que ni patron, ni école, ne sont prêt à accorder la période nécessaire à la personne concernée pour pouvoir disposer de ses paperasses. Dans ce cas précis, ne serait-il pas plus intelligent de centraliser toutes les informations pour les rendre disponibles n’importe où dans le pays ? Pourquoi un étudiant dont les parents ont très souvent déménagé sera-t-il obligé de se rendre dans son village natal pour pouvoir continuer son cursus ?
Formation contre la cybercriminalité, on veut bien, mais est-ce vraiment une priorité absolue alors même que Madagascar, organes administratifs comme administrés, a un taux de couverture internet qui atteint à peine 10 % ? Pourquoi ne pas prioriser la mise en réseau de tous les fokontany, de tous les firaisana, ou même de toutes les communes pour qui sont censés être, les organes décentralisés les plus proches du peuple ?
Johan R.
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