Liberté des médias: Le Fafi V veut s’opposer à la Viva

Naivo Raholdina l’a bien stipulé dans son intervention sur la chaîne de télévision Tv plus mercredi dernier : « Le Fafi 5 aura pour mission de libérer les journalistes de l’emprise des patrons de presse pour les 10 années à venir ».

Libérer mais en quoi ? Pour les journaux libres comme La Gazette de la Grande île, les journalistes collectent et de mettent en forme l’information sans que leur patron de presse interdise ou impose des règles politiques. Cependant, comme toutes les chaînes de médias de la capitale sont les propriétés d’un personnage ou d’un parti politique, ce ne sont plus que des outils de combat qui soutiennent leurs « tsangan’olona » et qui sont là pour trouver différentes façons de mettre leurs adversaires politiques dans l’embarras. La chaîne de radio et de télévision Viva fait partie de ces chaînes de médias politisés qui, comme on le sait tous, soutient l’ancien président de la transition Andry Rajoelina et qui lutte avec acharnement contre le pouvoir en place. Les journalistes de Viva n’ont donc pas le droit de diffuser quoi que ce soit qui puisse avantager le pouvoir HVM sous peine de sanction. Naivo Raholdina, député élu Mapar, a stipulé qu’il s’engage à se battre contre cette pratique et donc à laisser les journalistes de la Viva diffuser ce qu’ils veulent. Il veut « libérer » les journalistes des médias politisés en leur offrant la liberté de diffuser des nouvelles contre leurs patrons. Cela ne concerne pas seulement la politique. Ironiquement, il va se battre pour laisser les journalistes de la Viva dire la vérité sur l’affaire actuelle entre lui et La Gazette de la Grande île. Vérité qui risque de le mettre lui-même dans l’embarras.

Invité de l’émission spéciale de la TV plus mercredi dernier, Naivo Raholdina n’a pas, encore une fois, mâché ses mots en exprimant sa colère. Il n’a pas hésité à mélanger chronologiquement le déroulement de l’histoire pour l’avantager. Comme argument, il a même utilisé un article de La Gazette paru en 2014 en oubliant volontairement de mentionner la date de parution dudit article. Il n’a pas arrêté de mentionner le problème de terrain à Tsarahonenana, terrain que le président de La Gazette ne connaît même pas.

Bref, Naivo Raholdina va s’engager dans un combat contre Andry Rajoelina en essayant de donner une totale liberté à ses journalistes. Pour un journal libre comme La Gazette de la Grande île, ce que Raholdina s’apprête à faire n’aura aucun impact car les journalistes sont libres d’écrire selon les règles et codes spécifiques, du moment que cela en vaut la peine. Pour les autres chaînes de médias, ce sera une autre histoire. En tout cas, on souhaite bonne chance à Naivo Raholdina de convaincre Andry Rajoelina à laisser ses journalistes écrire quelque chose de positif sur le pouvoir actuel…on verra.

D.R

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