CHRONIQUE DE N. RAZAFILAHY: 8 juillet 2017 : Plan B ou occasion pour la revanche ?
Coïncidence ou choix voulu et délibéré, la date du 8 juillet 2017 pour célébrer la commémoration du 15 ème anniversaire du parti TIM suscite des tas d’interrogations inquiètes dans l’esprit des gens. Qu’on le veuille ou non, le chiffre 7 qui précède celui fixé rappelle toujours le tic d’un homme qui en a fait son douteux fétiche , mais d’un côté aussi, la date tristement mémorable du 7 février 2009 hante toujours les souvenirs dramatique d’une lutte populaire qui s’est terminé ce jour-là par un massacre horrible et troubles catastrophiques. Evènements historiques qui restent et demeurent entourés d’un flou troublant que les historiens expliquent très mal, pour des raisons qui divergent suivant celui qui en parle. A la date prévue pour la célébration, la convergence de menés multiples disparates en vrac, au nom de la liberté démocratique du droit à la liberté d’expression, donne à ce chiffre d’une valeur biblique incontestable un aura terrifiant inhabituel.
Quelle que seront les résultats et les impacts de cette détermination d’une foule d’entités partantes pour faire preuve de solidarité, aucun recul ne sera plus possible pour la marche civique vers la recherche d’un mieux-être qui ne se contente plus des envolées menteuses des discours…Même si dans la sagesse prudente de la lucidité civique, certains ont préféré différer le moment de vérité. Pour sa part, le parti TIM maintient mordicus, que les manifestations festives prévues restent et demeurent à la date annoncée, sans changement au lieu prévu. Contre vents et marrées. On va voir ce qu’on va voir alors. Marc Ravalomanana a choisi délibérément le refus d’obtempérer à des ordres émanant d’autorités habilitées pour, avec les risques que pourraient entraîner pour sa personne d’abord et pour les moutons de Panurge qui vont le suivre dans ce bras-de-fer avec le système en place. Par le passé, des manifestations de ce genre ont déjà eu lieu, mais cette fois-ci, avec les contours sentimentaux et politiciens (qu’on le veuille ou non) de cette journée, la peur et la crainte de subir des mesures de représailles avant, pendant ou après la participation à l’action programmée et choisie, n’entre plus en ligne de compte. L’attitude officielle choisie sûrement après mûre réflexion par les responsables étatiques à propos de ce qui va se passer ne varie guère de celles qui, dans le temps après les évènements de 2002, les effervescences populaires de 2009 et récemment à Soamahamanina, à Betsiaka et Antsakabary, avaient entraîné un ordre ou un désordre nouveau. C’est selon…Ils ont choisi la fermeté pour bloquer les mouvements de contestation. Avec les suites qui restent des exemples inoubliables pour ce qui ont subi les réactions administratives appuyées par les forces de l’ordre prêtant main forte aux autorités. Marc Ravalomanana au summum de son autorité a tout fait pour sévir et sacquer les opposants qui tentaient de défier son pouvoir. Chose déplorable, Andry Rajoelina lui-même et ses partisans qui, en ont gardé des souvenirs pas très honorables à l’endroit de celui qu’ils ont réussi à chasser du pouvoir, avaient succombé à la tentation de jouer le jeu malsain de recourir à la restriction du droit de s’exprimer en toute liberté. Artisans de la mise en place de la Place de la Démocratie à Ambohijatovo, le DJ devenu le Président de fait d’une Transition des mille et mille compromissions institutionnelles et illégales entouré d’une cour d’opportuniste n’a trouvé rien de mieux que de fermer le ce parc sanctuaire des droits civiques à ceux qui avaient des raisons de se plaindre et de contester l’injustice…Cette réalité politique très révoltante pour toute un peuple restera valable jusqu’à ce qu’il offre la clé symbolique des pouvoirs régaliens à un Hery Rajaonarimampianina qui, lui aussi va décevoir au plus haut point tout le pays.
Déjà en affirmant de manière solennelle lors de son investiture « je dois être libre de toute idéologie, éviter tout esprit partisan pour incarner l’intérêt général. C’est cela ma référence ultime, » alors que tout au long des années de mandat vécues les administrés n’ont connu que des promesses mensongères, « le sentiment de vivre dans un monde d’iniquité où les droits ne sont pas les mêmes pour tous… », ce Chef d’Etat élu en tant que candidat de substitution n’a pas donné cette satisfaction que l’on attendait de lui. Sous son autorité, une mauvaise gouvernance va perdurer au profit des courtisans et de collaborateurs très portés sur le pillage des ressources nationales et la pratique pervertie de la gestion des finances publics. Tout cela se passe sous l’oppression d’une dictature ploutocratique qui ne dit pas son nom, mais se camoufle derrières des déclarations d’intention séduisantes sans suite réelle. Les volubilités suaves lénifiantes sont même faites jusqu’en terre étrangère pour faire croire qu’il aime le peuple et que « Notre Etat est garant des libertés individuelles et doit être capable de protéger tous nos concitoyens. Rétablir la confiance de l’Etat c’est aussi assurer la sécurité des personnes er des biens en toutes circonstances. En ville comme à la campagne, de jour comme de nuit. Cela signifie que nos compatriotes auront droit à une vie paisible, sans agression, pour vivre de leur propriété sans crainte d’être volés ou spoliés. » Au bout du compte, le bilan du régime du HVM est tellement négatif que les dirigeants affichent une frilosité craintive couarde très réactionnaire, dès que quelques groupuscules se mettent en tête de vouloir chercher un changement salutaire pour l’intérêt public et les habitants de cette île. Sous le couvert de réclamations apparemment démocratiques, cette journée du samedi sera-t-elle celle consacrée à l’inauguration d’une culture d’agitation par la revanche ou finalement celle du véritable début d’une révolution des mentalités pour arriver à l’avènement d’un Etat de Droit avec tous les bienfaits qui vont avec. Toujours est-il, ce n’est pas avec l’éternelle tradition de l’agitation de défi de l’insurrection que Madagascar connaîtra le Bonheur des jours heureux.
Commentaires
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