Expatriation: Suspension des envois

Les agréments des agences de placement ont été tous suspendus, jusqu’à nouvel ordre. Cette initiative vise à éviter les envois clandestins, entre autres les maltraitances des concitoyens malgaches à l’étranger. Les agences de placement contribuent aux envois des immigrants professionnels, notamment dans la capitale. Par ailleurs, le ministère de l’emploi, de l’enseignement technique et de la formation professionnelle (MEETFP), n’arrive pas à les gérer voire à assurer la sécurité des Malgaches qui envisagent de travailler à l’étranger. Du coup, l’arrêt de l’envoi par le biais de non autorisation des agréments est la seule option que ce ministère a adoptée jusque-là. Les envois clandestins des travailleurs malgaches dans les pays à risque, notamment vers l’Eldorado Arabe ne diminuent pas en dépit de l’interdiction de l’Etat. Le vrai problème ne réside pas dans la migration professionnelle, mais plutôt dans l’emploi. Le gouvernement est incapable de fournir un travail décent pour toute sa population. Cependant, la vie dans la grande île n’est pas facile, la pauvreté pèse lourde. C’est ainsi que partir à l’étranger devient un raccourci pour certains. Espérons que cette disposition prise par le MEETFP va être efficace. Selon les statistiques du B.I.T, Madagascar possède un taux de chômage de 1,3 %, soit l’un des plus bas au monde. Mais n’importe quel crétin remarquerait sur le terrain que ces chiffres sont trop modiques. En réalité, Madagascar possède l’un des taux de chômage les plus élevés au monde sauf que c’est du chômage déguisé. Si on additionne tous ces secteurs qui provoquent le chômage déguisé, alors on arrive à près de 85 % de la population malgache toutes catégories confondues. Les personnes les plus touchées sont les femmes et les jeunes. En théorie, le chômage doit baisser en fonction du niveau d’instruction. Ainsi, une personne ayant fait un cursus universitaires devrait trouver un travail plus rapidement qu’une personne inculte. Mais comme dans tout ce foutu pays, c’est l’inverse qui se produit. Les personnes entre 25 et 30 ans ayant fait des études supérieures ont beaucoup de mal à trouver un emploi (2,1 % de la population) comparées aux personnes qui n’ont fait aucune étude universitaire (0,3 %). L’explication réside sur la tolérance des emplois de misère. Une personne n’ayant aucune étude universitaire acceptera tous les postes qui se présenteront à lui et il sera happé par le secteur informel dès son plus jeune âge. En revanche, les hommes et les femmes de 30 ans qui sortent de l’université et qui ont de l’ambition n’arriveront jamais à trouver le travail en adéquation avec leur diplôme.

Malalanirina