Interdiction de tout rassemblement: Amnésie quand tu nous tiens
Samedi dernier, la fête pour les quinze années du TIM censée se tenir à Mahamasina n'a pu se tenir suite aux péripéties que l'on ne relatera plus. Samedi dernier, comme d'autres samedi un homme politique, ancien Président de la République, a été la victime et avait du monde qui le suivait. Beaucoup ont oublié ou feignent d'oublier que le "coup" dont a été victime Ravalomanana - interdiction d'une manifestation-est le même que celui qu'il a fait subir à d'autres du temps où il était au pouvoir ; c'est exactement le même "coup" que Rajoelina avait fait subir à ceux qui se sont opposés à lui et à son mode de gouvernance du temps où il était au pouvoir. Aujourd'hui c'est le mode de gouvernance hérité des différents tenants du pouvoir que Rajaonarimampianina a repris. L'actuel président agit exactement comme l'avait fait Rajoelina, comme l'avait fait Ravalomanana. Aujourd'hui, c'est le classique interdiction de tenir une manifestation, interdiction vieille comme le monde à Madagascar, interdiction classique du fait des dirigeants successifs qui reprend. Ce qui est par contre étrange, c'est non pas seulement l'amnésie des anciens bourreaux devenus victimes aujourd'hui, mais c'est aussi l'amnésie des actuel dirigeants. Autant les victimes aujourd'hui peuvent avoir oublié la manière dont ils empêchaient toute tenue de manifestation qui avait à sa tête des personnes qui n'étaient pas à la solde du pouvoir, Ravalomanana a peut-être oublié l'arrogance dont il faisait preuve et son incapacité à laisser d'autres voix discordantes s'exprimer. Autant les bourreaux d'aujourd'hui, les actuels tenants du pouvoir ne devraient absolument pas tomber dans l'amnésie et ignorer comment ce genre d'attitude, cette volonté affichée d'interdire toutes manifestations et voix discordantes, se termine. À moins que comme les anciens dirigeants, les actuels ont déjà préparé aussi leur "fuite" à l'extérieur, à moins qu'ils aient préparé le futur exil, à moins que comme les anciens dirigeants ceux d'aujourd'hui s'attendent à regagner l'appartement acquis durant le temps où ils étaient à la tête de l'Etat. Rien de neuf, on fait du neuf avec du vieux, on constate l'amnésie collective : ceux qui ont oublié comment Ravalomanana avait traité ceux qui manifestaient une volonté de s'opposer à lui, ceux qui ont oublié comment Rajoelina avait traité ceux qui manifestaient une volonté de s'opposer à lui ou qui pour lui représentaient le danger, ceux qui oublient comment et où tous les détenteurs de pouvoir cherchent à obtenir "l’exil"!
Claude Rakelé