Edito: C’est la fin des haricots !
Le système éducatif malgache demande un redressement, une révolution. Une véritable révolution culturelle sur laquelle va reposer l’avenir des jeunes malgaches, les sacrifiés de trois derniers régimes. Mais ce changement tant attendu est compliqué à se réaliser. Dès la maternelle, les élèves malgaches sont désorientés, leurs parents ne savent à quel saint se vouer. D’où ce débâcle avant d’entamer l’école secondaire.
Eh oui, il faut une révolution à la prochaine rentrée scolaire. Faute de quoi, c’est l’éternel statu quo, voire l’éternel retour en arrière. L’éducation nationale est malade, moribonde : elle est à la recherche d’un sauveur. L’actuel ministre de l’Education s’arrache les cheveux afin de redorer le blason de ce secteur, mais l’intendance ne suit pas.
Madagascar est à la traîne sur tous les plans. Ainsi, si en France le bac 2017devait connaître un taux de réussite de 97,8%, y compris le lycée français d’Antananarivo, le BEPC à Madagascar stagne à 37%.
Signalons, en outre, que dans les EPP en France, les enseignants doivent avoir une maîtrise et une formation de deux ans. Tandis qu’à Madagascar, les professeurs peuvent se contenter d’obtenir un BEPC et zéro formation, comme ces maîtres Fram, pour pouvoir enseigner. Concernant les universités privées, qui poussent comme des champignons, les résultats sont catastrophiques, malgré que celles-ci affichent, sans rire, 100% de réussites…
Quoi qu’il en soit, ces diplômés de l’enseignement supérieur n’ont, in fine, pratiquement aucun débouché. Maintenant que les entreprises franches sont débordées, où iront-ils ? Il y a un risque que l’Etat refuse d’examiner, c’est la hausse programmée du chômage, à partir de 2018 : l’explosion sociale n’est donc plus loin. Conclusion : c’est la fin des haricots !
Franck Raharison