Dans un pays pauvre : Tous les trafics sont possibles !

Depuis de nombreuses années, le trafic de bois de rose a été pratiqué dans la grande île. Connaissant le gain généré par ce bois précieux, il a longtemps fait la une des actualités locales. D’une certaine manière, elle a laissé la porte grande ouverte aux autres trafics beaucoup moins dévoilés. Dans un pays où l’argent est roi, de plus en plus de personnes se lancent dans des trafics bien entendu illicites.

Maintes et maintes fois, il a été dit et répété que Madagascar dispose d’une richesse naturelle inégalable. Mais à l’allure avec laquelle évoluent les choses, tout porte à croire que d’ici une bonne dizaine d’années, il ne restera plus rien pour les générations futures. La raison de ce pillage des ressources naturelles : l’appât du gain. Il est vrai que nous vivons dans un monde capitalisme, de ce fait, il est tout à fait normal d’échanger des biens contre une certaine somme d’argent. Tout est permis lorsqu’il s’agit de s’enrichir. Cette pratique se fait d’ailleurs un peu partout dans le monde. La véritable différence c’est que dans les pays avancés, c’est que ceux qui réussissent à amasser une fortune à partir des trafics, contribuent à l’amélioration de la vie de la communauté. D’une certaine manière, c’est un mal pour un bien. A Madagascar, en revanche, les trafiquants de tous bords ne le font que pour préserver leurs propres intérêts. Pire encore, la plupart d’entre eux occupe de hautes fonctions au sein de l’Etat. Bien que la biodiversité malgache soit peu à peu détruite par ces trafics, ceux-ci sont loin de s’arrêter. Et dans un pays où l’impunité règne en maître, il semble tout à fait normal que de nombreux autres secteurs fassent l’objet de trafics, notamment les enfants, et plus généralement les êtres humains.

Si la traite des êtres humains était une pratique courante il y a quelques siècles de ça, de nombreux pays, voulant avancer et faire évoluer leur mentalité ont décidé d’y mettre fin. Pour cela de nombreux accords internationaux ont été signés, ratifiés et appliqués. C’est sans doute dans ce contexte que les dirigeants malgaches de l’époque ont décidé d’adopter la loi n°2014-040 mis en place pour lutter contre le trafic d’êtres humains. Pour autant, les mesures d’accompagnement ne sont pas suffisantes. Et pour dire les choses telles qu’elles sont, l’Etat malgache est une fois de plus impuissant dans l’application des lois qu’il a lui-même choisi d’adopter. Tout bon Malgache qui se respecte comprendra rapidement qu’il s’agit d’une loi élaborée à la va vite sur laquelle certaines personnes privilégiées peuvent s’asseoir.

Paraît-il que Madagascar était un beau pays. Si beau que jusqu’à aujourd’hui, les touristes, investisseurs et aventuriers étrangers aiment y venir. Pourtant, ce qui attire ces étrangers ne semble aucunement intéresser les nationaux. Si tel était le cas, des mesures auraient été prises pour préserver ce que ce pays a de plus cher. L’avarice des dirigeants a permis de faire en sorte que même les êtres humains peuvent actuellement être vendus sur le marché international. Le futur des Malgaches est-il vraiment si pourri que ça ?

Johan R.

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